Un nom pour chaque lieu

Publié le 12 février 2017 - Dernière modification le 5 septembre 2017.

[…] l’emprise du sol par un peuple est marquée, avant tout, par le « nom », le « lieu-dit », qui est le fait de civilisation le plus tenace.

Littérature orale en Gaspésie Carmen Roy

Tous les jours, nous désignons les lieux que nous fréquentons par leurs noms sans, chaque fois, en interroger la signification. Suivant l’usage, nous reconnaissons un édifice, un ouvrage ou un aménagement du paysage à sa fonction, bien que les autorités adoptent normalement une appellation pour un bâtiment public, un parc ou une route en tenant compte de l’administration ou de l’histoire. Les nombreux lieudits sont nommés en puisant dans la tradition orale. Ces noms appartiennent au patrimoine des localités. En ce sens, je propose ici un recueil des toponymes de Manche-d’Épée dans le but d’en rappeler les origines, de souligner la beauté ou l’originalité de certains et, par mesure de précaution, pour éviter qu’ils s’égarent dans nos mémoires et dans le temps.  

Dans la mémoire collective

Avons-nous tant de lieux porteurs de noms spécifiques qu’il vaille la peine de nous arrêter à les recueillir? Manche-d’Épée étant somme toute un bien petit village, on pourrait croire que l’on a vite fait le tour de sa toponymie. Le nombre de routes, de rues ou de ponts est en effet réduit. Il n’y a pas non plus d’édifices publics, on ne répertorie que des résidences privées et leurs dépendances. Que faire alors? La réponse se trouve dans la géographie, le paysage et l’histoire. Combien de lacs, de montagnes, de vallées ou de côtes parsèment son territoire? La pêche, l’agriculture, la foresterie, la chasse et d’autres activités ont laissé des traces que la mémoire a notées. Combien de bûchés, de boisés, d’érablières et divers sites résultant de la présence humaine s’additionnent dans ce paysage? Plusieurs font l’objet de récits, d’anecdotes ou de légendes qui façonnent la petite histoire. À la manière des toponymistes, faisons appel aux dits de la tradition orale qui est, comme chacun le sait, la transmission des faits de génération en génération1pour constituer le répertoire local.

La relation à l’espace de vie

Un exercice de souvenance voit invariablement poindre une certaine nostalgie. La sollicitation de la mémoire l’oriente tout droit sur le bon vieux temps, bon parce que c’était notre jeunesse et vieux parce que les années passent vite. En partant à la recherche de nos souvenirs, on pense aussi à l’enfance, à ses trajets en voiture où chaque village traversé laissait derrière lui la trace de son énigme2, chaque route empruntée conduisait sur un button, contournait un lac, retrouvait les camps d’un bûché, des lieux qui tous possédaient un nom, parfois même bizarre, et auquel nous n’accordions pas toujours attention.

Les endroits ont des noms pour deux bonnes raisons : a) ceux-ci permettent leur localisation sur le territoire; et b) ils aident à les communiquer au sens de les faire connaître à une autre personne. Il y a aussi communication en ce sens que chaque nom de lieu est porteur d’un message qui témoigne de la relation homme-espace qui s’est établie au moment où le nom a été attribué à un lieu3, et dont la répétition l’incruste dans l’usage courant. Si un pont devient le pont des Vaillants, c’est qu’un jour la nomenclature naquit sous l’inspiration du moment4et qu’il n’y a pas de raison de l’oublier.

La toponymie gaspésienne est jeune lorsqu’elle est comparée à celle de cultures anciennes. Elle est moins le résultat d’une longue tradition ou d’une vaste histoire que celui de l’appropriation du territoire par ses occupants. Cela commence en général par un lieudit, c’est-à-dire un lieu qui porte un nom désignant une particularité relative à l’histoire, à la géographie ou au folklore, avant de devenir un lieu formellement nommé. Le nom de Manche-d’Épée en constitue une illustration évidente.

Les experts ont observé que là où la toponymie a eu un développement naturel, elle est essentiellement descriptive5, comme dans Petit Ruisseau ou Gros Rocher, en relation avec l’apparence d’un site. Quand les noms sont historiques, ils sont dérivés d’un fait ou d’un nom de personne6, et souvent d’un prénom comme nous le verrons. Dans tous les cas, partons de ce que nous disons, entendons ou avons entendu dans le passé pour alimenter notre répertoire.

Un répertoire déjà riche

La toponymie en Gaspésie est poétique et foisonnante d’invention. Des spécialistes de compétences diversifiées, à commencer par le missionnaire récollet Chrestien Le Clercq avec ses Nouvelles relations de la Gaspésie, en 1691, jusqu’à la folkloriste Carmen Roy qui, dans son fabuleux livre Littérature orale en Gaspésie, en 1955, fait une synthèse des études menées à cette date, ont enrichi notre connaissance. Parmi eux, le frère E.-B. Deschênes, toponymiste, a effectué d’importantes recherches dans la région. En 1936, il publie son Essai de toponymie gaspésienne qui nous conduit au cœur de la tradition orale. Il explique de quelle manière il a recueilli des témoignages auprès de la population. Selon lui, si l’on excepte la désignation des cantons, il y a très peu de dénominations, en Gaspésie, particulièrement du côté du Saint-Laurent […] qui ne soient pas d’origine populaire et spontanée7, ce qui correspond à la situation locale et soutient l’idée d’établir un répertoire. Au fait, combien de villages en Gaspésie en ont un?

Il existe donc des références pour les recherches ainsi que des ressources comme la Commission de toponymie. La Commission est l’organisme responsable de la gestion des noms de lieux du Québec, dont la mission est de s’assurer que le territoire du Québec est nommé avec justesse et qu’il met en valeur le visage français du Québec8. Elle offre notamment une aide méthodologique fort utile.

Mais l’essentiel repose sur les connaissances de chacun et de chacune d’entre nous, pour la simple raison que la tradition orale, en toponymie, loin d’être négligeable, doit être considérée comme un facteur important sur la transmission authentique de bien des noms de lieux9. Il faut rassembler les versions et faire la meilleure synthèse possible. Souvent, la connaissance du nom ne nous fournit pas l’explication de son origine. C’est en faisant des enquêtes que la plupart des appellations sont parvenues jusqu’à nous, les unes très claires et faciles à expliquer, les autres mystérieusement enveloppées d’un voile de légende10, qu’il reste à déchiffrer.

Canton et village

En procédant du général au particulier, il convient en premier lieu de décrire le canton dans lequel se situe le village.

Canton Taschereau

Un canton est une division cadastrale héritée du système anglais qui facilite la concession des terres. Il est en quelque sorte l’équivalent du système féodal des seigneuries en vigueur à l’époque de la Nouvelle-France, à la différence que le canton ne prévoit pas d’obligations de rentes à un propriétaire. Le régime seigneurial est aboli en 1854. Toutefois, le processus d’abolition se prolonge jusqu’en 1940, date du dernier versement de rentes. Dans certains cas, les censitaires continuent à verser une taxe seigneuriale à leur municipalité jusqu’en 1970. Là où ces seigneuries existaient, les noms sont maintenus. Le cadastre québécois est toujours divisé en cantons pour la distribution des lots, l’établissement des plans d’aménagement et la gestion des sinistres11.

Le territoire de la Gaspésie est progressivement divisé en cantons à partir de 1760. Situés sur le pourtour de la péninsule au début, ils le subdivisent maintenant en totalité. Manche-d’Épée se trouve dans le canton Taschereau qui apparaît sur une carte de 1861. Sa proclamation date du 17 septembre 1920.

Le canton porte le nom du premier cardinal né au Canada, Elzéar-Alexandre Taschereau (1820-1898), qui participe à la fondation de l’Université Laval12. Il est bordé au nord par le golfe Saint-Laurent, à l’ouest par la seigneurie de Mont-Louis, à l’est par celle de Rivière-Madeleine et au sud par une ligne qui va de l’extrémité d’une seigneurie à l’autre au-delà de laquelle se situe le canton Lefrançois dont la proclamation remonte au 1er novembre 1936. Le canton Taschereau inclut aussi les villages de Gros-Morne, de L’Anse-Pleureuse et une partie de Madeleine-Centre.

Grâce au compte rendu d’une mission établi par le curé F.-X. Bossé de Rivière-au-Renard, nous savons que l’attribution des lots au village a commencé le 25 janvier 1872. Ce jour-là, le curé écrit qu’obligé de laisser reposer pendant quelques heures mon cheval au Manche-d’Épée, j’ai le plaisir de lier connaissance avec l’agent des Terres de la Couronne, M. Louis Roy, du Cap-Chat. Le but de son voyage est de donner des lots gratis sur tout le parcours du chemin maritime […]13. D’ailleurs, madame Florence Pelchat se souvient d’avoir eu en sa possession le document remis à son ancêtre Irénée, qui constitue de toute évidence la plus ancienne archive du village. Les lots de Manche-d’Épée sont répartis entre le lot 12 à l’est, du côté de Madeleine-Centre, et le lot 37 à l’ouest, du côté de Gros-Morne. Ceux-ci ont été subdivisés, échangés, vendus, donnés et ils ont fait l’objet de droits et de servitudes en vertu d’ententes verbales, de papiers privés, d’actes notariés : tout cela demeure la base du partage des propriétés.

Village de Manche-d’Épée

Le frère Deschênes résume en peu de mots l’origine du nom du village, un récit qu’il recueille auprès des vieux, dit-il, vers 1928. Le témoignage rendu par ces vieux découle fort probablement de la description de l’événement qu’ils ont entendue de la bouche même d’Irénée Pelchat, puisque ce dernier meurt en 1894. Il leur a raconté qu’un jour, avant de traverser à gué le ruisseau, il trouva, sur la pointe est un manche d’épée, émergeant du sable14. Cette anecdote résume sous sa forme généralement adoptée15, comme le souligne le frère, toutes les versions que les gens ont répétées dans leurs mots pour décrire le geste du fondateur.

Arrêtons-nous un instant sur cette scène de la découverte : le frère Deschênes ne dit nulle part qu’il a vu la poignée d’épée. Si elle avait été conservée, les gens se seraient fait un plaisir de la lui montrer. Il précise d’ailleurs qu’il s’agit d’une anecdote […] que nous n’avons pu autrement contrôler16, mais il ajoute foi à la parole des gens et il retient leur explication. L’artéfact étant disparu, personne ne peut prétendre connaître sa provenance ou dire à quoi il s’apparente, prudence que tous les auteurs ont toujours respectée. Le plus loin que la rumeur soit allée a été d’évoquer la possibilité que nous ayons eu affaire à une rapière française. Toutefois, on parle ici d’une arme dont on avait cessé de faire usage deux siècles avant la fondation du village.

Deschênes termine son chapitre sur Manche-d’Épée par une observation qui nous rappelle la modestie des conditions de vie de nos ancêtres, quand il écrit qu’en contrebas des pentes, sur l’écore de la rive pierreuse, le village a une apparence fort rustique17. Il n’y a qu’à regarder une photo des années 1930 pour en comprendre la signification.

D’autre part, examinons les mots que la Commission a choisis dans sa présentation : ce hameau dont le nom relève presque du conte […]18, écrit-elle lorsqu’elle se réfère au caractère quelque peu féérique du nom. Je crois nécessaire d’apporter une nuance : un « conte » se définit comme un récit d’imagination alors que la « légende » est un récit où le merveilleux trouve son origine dans l’existence d’un fait réel transformé par l’imagination. Dans le cas du village, l’existence de la poignée d’épée confirmée par des témoignages constitue une réalité historique. Voilà pourquoi je préfère parler de La légende du manche.

Enfin, l’utilisation du terme « hameau » m’apparaît contestable : toute sa vie, depuis 150 ans, Manche-d’Épée a généralement été reconnu sous le vocable de village. Depuis la fondation de la municipalité, on parle de la réunion de trois villages. Est-ce que la diminution de la population et la disparition des services font en sorte qu’on doive désormais utiliser le mot hameau, c’est-à-dire un « groupe isolé de maisons à la campagne » lorsqu’on le désigne? La configuration du lieu n’a pas changé au point de justifier l’emploi d’un autre substantif. Bien que les deux mots soient à bien des égards synonymes, la modification n’est pas fondée.

Le répertoire

Envisageons la lecture de ce répertoire comme un enchaînement de trajets qui, mis l’un à la suite de l’autre, permettent de parcourir l’ensemble du territoire du village. Le but est de reconnaître les lieux qui portent déjà un nom et de mettre en évidence ce patrimoine qui risquerait autrement d’être méconnu ou oublié. Il ne s’agit pas d’inventer des noms, mais de les prendre tels que la tradition nous les a donnés, sans les dénaturer comme l’écrit Deschênes, car autrement on voit des noms de lieux qui perdent ainsi leur véritable couleur19. Par la même occasion, ce que la municipalité ou la Commission ont déjà dénommé est inclus comme tel.

En allant du centre vers l’ouest

Prenons l’ancien garage Lepage comme point de départ. Avant de nous diriger vers l’ouest, nous voyons devant nous :

Baie de Manche-d’Épée

Voici le nom qui apparaît dans la nomenclature de la Commission de toponymie. Plutôt que le mot baie, l’usage veut que l’on emploie celui d’« anse » pour désigner cette partie du golfe qui baigne l’agglomération. Dans la mesure où une anse est une petite baie de profondeur peu importante, la Commission ne se trompe pas. Cela ne signifie pas que nous ne dirons plus « l’anse de Manche-d’Épée », car anse est le mot qui correspond pleinement au langage de la côte nord de la Gaspésie.

Est-ce que cette baie est demeurée anonyme jusqu’au jour où le village lui donne son nom à compter de 1866? Le frère Deschênes s’étonne en effet de ce baptême tardif, lorsque tous les lieux voisins avaient trouvé depuis longtemps leurs parrains20, et il nous encourage en quelque sorte à remonter dans le temps.

Une note de la Commission fournit une piste de réponse. En effet, celle-ci signale que la baie de Manche-d’Épée s’est vue attribuer au moins un autre nom plus tôt dans l’histoire. Parlant de l’origine et de la signification du toponyme, elle écrit que dans son « Rapport du progrès » sur l’exploitation géologique du Canada pour l’année 1844, publié à Montréal en 1846, le géologue William Logan mentionne « […] dans une anse appelée March Bay […] »21, en référence à celle du village. Ce Logan est celui-là même qui a laissé son nom à un des monts situés dans le parc de la Gaspésie.

La lecture du Rapport… permet de découvrir, en page 26, que le géologue localise effectivement le lieu qu’il nomme March Bay à l’endroit où se trouve le village, soit entre Gros-Morne et Madeleine. Comment et pourquoi en arrive-t-il à cette désignation? À la page 25, il identifie une de ses sources comme étant « la carte de Bayfield », ce qui attire mon attention. Cela laisse croire que le nom a préalablement été donné ou répertorié par ledit Bayfield lors de l’établissement de sa carte22, un indice à vérifier.

Malheureusement, je ne parviens pas à me procurer la carte en question. Toutefois, je trouve le journal que Henry Wolsey Bayfield écrit pendant ses recherches hydrographiques effectuées en 1832 sur la côte gaspésienne. Je m’arrête aux pages 63 et 64 où il décrit dans le détail les baies de la rivière Mont-Louis et de la Rivière-Madeleine, sauf qu’il ne fait nulle part mention d’une March Bay sur son trajet entre ces deux endroits23. L’aurait-il inscrit sur la carte sans en parler dans son journal? Possible. Sinon, d’où provient cette dénomination que Logan utilise?

Il est bien sûr permis de spéculer sur ce nom : traduit littéralement, cela donne la « Baie de Mars ». S’agit-il de la modification d’un nom français à l’occasion d’une version anglaise comme cela s’est déjà produit? Logan autant que Bayfield sont venus en Gaspésie durant l’été, ce nom ne correspond donc pas à la date de leur passage. March est aussi un patronyme. En Ontario, il existe une Esther March Bay. A-t-il voulu rendre hommage à une personne de ce nom?

À Chicoutimi, on trouve la rivière à Mars. Par une étonnante coïncidence de l’histoire, le nom de cette rivière nous ramène à la pointe du Wrack et au naufrage du Woodstock, 10 jours après celui du Swordfish à Gros-Morne, dont l’aventure a été publiée par le marin André Castagne. Là où les deux histoires se croisent, c’est que le grand-père du marin, Philippe Castagne, fut, en 1838, un pionnier du Saguenay avec son ami Mars Simard, lequel a donné son nom à la rivière qui coule dans la baie des Ha Ha, tout près d’un autre lieu connu sous le nom de l’anse à Philippe.

Quant à notre « March Bay », l’explication qui la concerne demeure pour le moment cachée dans un pli de l’histoire. Il reste donc à découvrir d’où vient le nom de cette « bay » et si elle en a connu d’autres.

Rue Principale

Dans sa partie habitée, la municipalité a retenu le nom de rue Principale pour désigner ce tronçon de la route 132.

Parc municipal

Le parc municipal a été inauguré le 24 juin 2016, à l’occasion des fêtes du 150e anniversaire du village. Il ne possède pas encore d’appellation officielle. J’ai suggéré ailleurs qu’on l’identifie en souvenir de cet événement. Autrement, il offre une occasion unique de rendre hommage au couple fondateur en le nommant : parc Irénée Pelchat et Angélique Drouin. Ces deux personnes sont à l’origine du poste de pêche devenu village. En incluant le nom de la conjointe de celui à qui l’on attribue la fondation, la population démontrerait une réelle reconnaissance du travail des femmes dans l’histoire locale. Le monument commémoratif du 150e anniversaire s’y trouve. On l’appelle en ce moment halte touristique.

Maison des Béland

La maison des Béland se situe du côté sud, au numéro 8 de la rue Principale. Elle a été construite vers 1868 par Louis Pelchat qui l’a un jour léguée à sa fille Céline, mariée avec Ernest dit Eugène Béland. La maison des Béland constitue le seul élément de patrimoine bâti témoin de l’histoire locale. Pour cette raison, elle mérite une mention.

Halte routière

En face de la maison des Béland, du côté nord de la rue, l’installation touristique existe depuis 2007. Peut-être sera-t-il pertinent un jour de lui donner un nom?

Rivière de Manche-d’Épée

C’est le nom que lui attribue la Commission de toponymie, après l’avoir appelée, comme d’autres (y compris Deschênes), « ruisseau », possiblement à cause de son débit. Une rivière étant un cours d’eau qui se jette dans un autre, en l’occurrence dans le golfe, il n’y a pas d’ambiguïté. C’est à son embouchure, du côté est, qu’Irénée Pelchat a fait la découverte de la poignée d’épée.

Pont de la Rivière-de-Manche-d’Épée

Le nom est reconnu par la Commission. Voici un exemple de toponyme descriptif. Le pont a évidemment son histoire et elle commence en 1909. Les habitants ont alors fait une route avec des pics et des pelles et pour traverser la rivière, il n’y avait pas de pont. On traversait sur deux longues pièces de bois équarries à la hache […]24. Cette situation ne pouvant durer, vers 1912, grâce à un faible octroi du gouvernement, les contribuables de Manche-d’Épée ont coupé du bois et l’ont équarri à la hache afin de construire un pont. Ce qu’il faut surtout noter ici, c’est la belle solidarité des gens. Tous travaillaient sans être payés, puisque le pont, c’était pour eux25 ont raconté les témoins. Des valeurs à méditer. Il a été rebâti en bois en 1942 sous la conduite de Joseph Bérubé de Rivière-Madeleine, puis en béton en 195826et enfin refait à neuf en 2007.

Chemin des Côtes-de-Manche-d’Épée

À environ 1 km à l’ouest du pont, un chemin longe brièvement la route 132 avant de tourner à 90 degrés vers le sud. Là commencent les côtes qui existent depuis l’époque du chemin du Roi (vers 1870) et qui ont été rénovées avec l’ouverture du boulevard Perron (en 1929). Avant cette date, le dernier tronçon qui conduit vers la mer n’existait pas et le chemin se poursuivait pour rejoindre la route (ou la rue) de la rivière. Nous y reviendrons. Les Côtes-de-Manche-d’Épée faisaient dire à l’écrivain Jacques Ferron, après avoir traversé le portage depuis Gros-Morne, qu’il était […] bien content d’arriver en haut, car de ce sommet la route descendait vers Manche-d’Épée sur une large pente, d’inclinaison plus douce et tournée vers la mer […]27, il éprouvait une profonde satisfaction à se retrouver devant […] la plus grande pièce d’eau […] jamais vue […]28.

Souvenons-nous aussi que le passage d’un village à un autre dans les montagnes s’appelle un « portage », mot emprunté à celui décrivant un sentier où l’on passe pour éviter un cours d’eau. Ferron, qui a été médecin de 1946 à 1948 sur un territoire allant de Mont-Louis à Grand-Étang, se dirigeait vers Madeleine où il résidait.

Le chemin des Côtes-de-Manche-d’Épée est bordé de chaque côté de « terres » appartenant à des habitants du village. Dans des temps éloignés, on parlait des terres à Euzèbe Robinson, Napoléon Fournier, Euloge Pelchat. Aujourd’hui, le Sentier international des Appalaches, grande réalisation nord-américaine, y fait circuler ses randonneurs.

Pointe du Wrack

En continuant sur la route 132 (les plains) en direction de Gros-Morne, nous arrivons, quelques mètres plus loin, à la pointe du Wrack qui n’est malheureusement plus très apparente depuis que l’élargissement de la route a empiété sur son espace. Elle doit son nom au naufrage d’un voilier naviguant sous le nom de Woodstock, le 10 décembre 1867. Wrack est la déformation du mot « wreck » dont la traduction française est naufrage. Pour parler de naufragés, on connaît aussi l’expression « gens de raque ».

Le Petit Ruisseau

De retour à l’intersection de la route 132 et du chemin des Côtes-de-Manche-d’Épée, nous voyons, à droite dans la montée puis à gauche arrivé sur le premier plat, un petit cours d’eau qui a l’air tout calme, mais qui par ses crues brise le chemin tous les printemps. Le Petit Ruisseau prend sa source dans la montagne au sud. Au-delà du cours d’eau lui-même, ce nom désigne le territoire qu’il traverse, en particulier les terres qui bordent la montagne à l’est et qui appartiennent à Ernest Boucher; c’est au pied de ladite montagne qu’est bâtie la première maison à l’entrée ouest du village, celle de Roland Pelchat.

Croche du Petit-Ruisseau

Nous appelons « croche » un virage ou une courbe dans une route. Le croche du Petit-Ruisseau est le premier que l’on rencontre sur le chemin lorsque l’on tourne le dos à la mer. Sa dangerosité en a fait frissonner plusieurs à l’époque où la route passait obligatoirement par là, entre 1929 et 1957. Rappelons ici une anecdote dramatique qui s’est produite dans les années 1950. Les freins des autos étaient abondamment sollicités lors de la descente des côtes, surtout de la part de ceux qui y circulaient pour une première fois. Vers 1955, une voiture de touristes étatsuniens rate la courbe, tombe sur les plains et tous ses passagers meurent sur le coup. L’année suivante, des membres de la famille venus à la recherche de l’endroit funeste ratent aussi le virage et se tuent à leur tour. Voilà tout le danger que représentait le croche du Petit-Ruisseau. On mettait un sabot sous la roue arrière d’une charrette à foin pour la ralentir. Des camions, on disait qu’ils embrayaient sur le « beu » (en première), pour aller lentement.

Croche à monsieur Euloge

Après un faux plat, on arrive dans le croche à monsieur Euloge (Pelchat), là où Laurent et Ernest Boucher sont allés charger leur camionnette pour remplir la neigère la dernière fois, en 1962.

Plus à l’ouest, la montée s’accentue et l’alignement des terres à Ovias Boucher, Gérard Boucher, Slas Fournier ou Médé Boucher se poursuit. Toutes ces terres appartiennent maintenant à de nouveaux propriétaires.

Ruisseau Blanc

Le ruisseau Blanc prend sa source dans les montagnes du côté de Gros-Morne, où sont implantées les éoliennes, et il coule du sommet des côtes vers le bas, non loin du chemin. Il apparaît sur les cartes, mais nulle part il n’est dit d’où il tient son nom. Il est alimenté par des affluents, dont un dernier avec lequel il se confond pour devenir ce que, dans la tradition, on appelle le Petit Ruisseau.

Côte à Ti-Pi

La côte à Ti-Pi est une section du chemin qui, à partir du lot 37 sur le sommet des Côtes, à la limite ouest du village et par conséquent de la municipalité, descend vers Gros-Morne. C’est à cet endroit que Maurice Lepage exploite son premier garage au début des années 1930. Ti-Pi, de son vrai nom Stanislas Daraiche, est né en 1879; il était le fils d’Abraham et de Jeanne Béchard. Son histoire n’est pas connue. C’est aussi dans cette zone, sur le lot ayant appartenu à Médé Boucher, que Gilles Vigneault fut un temps propriétaire d’un terrain bordant la falaise.

En allant du centre vers l’est

Toujours en partant de l’ancien garage Lepage, prenons la rue Principale en direction est cette fois, en regardant vers la mer.

Côte à monsieur Jules

Cette côte descend vers la grève immédiatement à l’est du garage. Traditionnellement, elle conduisait aux installations de pêche de Simon-Jude Boucher (1894-1992), couramment appelé Jules. Pour les membres de sa famille, ce court chemin en pente s’appelait la côte à m’onc Jules.  Elle était utilisée par tous les pêcheurs dont les installations se trouvaient sur cette partie du plain. Elle constitue encore la voie d’accès la plus évidente pour se rendre à la mer.

Chafaud à monsieur Mathias

Au bas de la côte à monsieur Jules, en se dirigeant vers l’est, on découvre une cabane de bois qui était le chafaud de monsieur Mathias Côté (1898-1985). Cette construction demeure le dernier témoin de la pêche à la morue, activité à l’origine du village. Monsieur Côté l’a bâti dans les années 1950. Il appartient aujourd’hui à Gérard Huard. Le chafaud est une cabane où le pêcheur dépose ses agrès et tout autre matériel pour l’exercice de son métier. Pour sa signification historique, il a sa place dans le répertoire.

Le Gros Rocher

En arrivant à l’extrémité de la grève de galets, celle-ci se transforme et l’on voit apparaître des rochers de schistes noirs durcis que l’on appelle aussi des crans. À peu près vis-à-vis de l’ancienne école devenue « la maison à Feda », la formation rocheuse gagne en hauteur et prend ainsi le nom de Gros Rocher. Il a été le terrain de jeu de nombreux enfants.

La Croix

En partant du garage en direction est sur la rue Principale, on voit une croix sur le sommet de la colline du côté sud. Sous la croix, dans la pente, une grotte a été érigée en hommage à la Vierge Marie. La croix originale a été élevée par Josué Boucher (1887-1970), en 1950, et la grotte existe de par la volonté de son frère Simon-Jude dit Jules, depuis 1953. La croix a été plantée à l’occasion de l’Année sainte et la grotte construite par Léonard Boucher lors du congrès eucharistique tenu dans la paroisse de Madeleine. L’ensemble se situe sur la propriété d’Ernest Boucher. On y accède par un chemin qui traverse celle de Cyrice Côté.

Anse à Joseph Pelchat

Aussi bien dire que cette dénomination fait époque, car elle renvoie à la fin du 19e et au début du siècle dernier. Dans ce temps-là, l’érosion n’avait pas fait son œuvre et une barge pouvait accoster dans l’anse en glissant sur un fond sablonneux. Son utilité courante entrainait un recours régulier à son nom. L’anse se situe en contrebas de la rue Principale, peu avant d’entreprendre la montée des Côtes, en face de la maison qui a été à l’origine celle de Joseph Pelchat et qui appartient maintenant à Paul-André Fournier. Joseph Pelchat (1870-1937) était le fils de Louis, le petit-fils d’Irénée. Un lac porte aussi son nom dans les environs du Premier lac. Le passage des générations tend à oblitérer certaines dénominations anciennes.

Les Côtes

En quittant l’agglomération, la route entreprend l’ascension de la montagne sur un peu moins d’un kilomètre. Cette côte, si difficile à monter l’hiver, surtout quand il était rigoureux, que les voitures étaient moins performantes et la route moins bien déblayée, n’a pas de nom précis. On l’a successivement désignée du nom des gens qui habitaient en bordure. Par exemple, dans les années 1930-40, on parlait de la côte à monsieur Édouard Fournier dont la maison se trouvait juste en bas du côté nord. On a aussi parlé de la côte à Milien (Émilien Fournier qui résidait au sud à mi-parcours) ou de la côte à Ti-Lie (Élie Béland) dont la maison se situait presque au sommet. Les photographies illustrant le village sont généralement prises à cet endroit. Autre particularité à souligner : on emploie aussi bien le singulier que le pluriel pour en parler.

Tout comme à l’ouest, les terres qui bordent la côte appartiennent à des gens du village. À droite, en montant, se trouve une terre, à l’époque cultivée, que l’on appelait la terre à Ti-Georges, Georges Ouellette, fils de Wilfrid.

Rue Fournier

Tout juste sur le haut de la côte, la rue qui prend à droite se nomme la rue Fournier. De toute l’histoire du village, à commencer par Florent Fournier qui s’y est installé en 1869, cet endroit a toujours été habité par des descendants de sa famille. Il s’agit en réalité d’un tronçon de l’ancienne route nationale qui, depuis 1955, passe plus au nord. C’est dans les années 1980 qu’elle prend le nom de rue Fournier.

À l’extrémité est de la rue Fournier, on revient sur la route 132 en direction de Madeleine-Centre. Là encore, à une autre époque, l’on parlait des terres à Calixte Fournier, Ovide Fournier ou encore Mathias Côté (rachetée de la famille Davis) pour désigner celles qui se trouvent de chaque côté. Ces terres ont également de nouveaux propriétaires.

Croche à Blais

Il faut revenir sur la route nationale, en amont de la rue Fournier, pour passer par le croche à Blais. Il s’agit en fait de la courbe qui termine le tronçon construit en 1955 et qui se signale par son angle peu agréable à négocier. Ce croche porte le nom de l’ingénieur qui l’a dessiné. L’usage du toponyme, fort utilisé dans les années suivant l’inauguration de la portion nouvelle, est moins répandu maintenant.

Côte à Bébé Davis

Lorsque l’on continue sur la route 132, après avoir dépassé la rue Fournier, on descend une côte dont la pente est assez forte. À l’époque où les chemins n’étaient pas asphaltés, les conducteurs éprouvaient de la difficulté à y circuler dans la boue les jours de pluie ou de fonte des neiges. Comme la terre de Louis-Napoléon Davis, dont le surnom était Bébé, voisinait cet endroit, il était logique que la côte porte son nom. On entendait : « J’ai eu de la misère à monter la côte à Bébé Davis. » Des générations plus tard, seuls les gens plus âgés se souviennent de l’anecdote.

Ruisseau Ferré

Le ruisseau Ferré coule discrètement au flanc de la montagne dans laquelle s’enfonce le chemin du Lac-au-Diable. Il prend sa source du côté de Manche-d’Épée et poursuit son cours vers le village de Madeleine-Centre. Selon Carmen Roy, il a été ainsi dénommé parce que la pierre sur laquelle il coule semble être dure comme du fer29.

Nous sommes rendus à la limite est du territoire.

Les lacs de la partie est du village

Nous avons vu que le lot 12 constitue la ligne de démarcation entre les villages de Manche-d’Épée et de Madeleine-Centre. Les bornes qui délimitent un lot ne sont toutefois pas des frontières. La nature ne s’arrête pas aux tracés des arpenteurs. Nous savons que l’histoire et la tradition répondent avant tout aux besoins des gens. Le chemin du Lac-au-Diable serpente sur plusieurs lots jusqu’à sa destination. Il est aussi la voie d’accès principale à tous les lacs qui sont énumérés plus bas.

Le répertoire a pour but de rassembler en une seule compilation tous les lieux portant un nom et qui se trouvent sur le territoire de Manche-d’Épée. Il a évidemment pour vocation d’aller dans le sens de la tradition et de respecter la coutume.

Lac à Salomon

Au sud de la route nationale, on découvre le modeste lac à Salomon. La Petite rivière Madeleine, qui coule vers l’est, y prend sa source. Son nom lui vient probablement de Salomon Fournier, un descendant de Florent Fournier.

Lac à Didace

Un peu au sud-est du lac à Salomon se trouve le lac à Didace, dont la décharge constitue un affluent de la Petite rivière Madeleine. Le lac est situé non loin d’un lot qui a appartenu à la famille Davis et que Mathias Côté a acquis dans les années 1950. Son gendre, Didace Caron, parcourait régulièrement la forêt aux alentours du lac. Voilà qui pourrait expliquer son prénom ait été associé au lac.

Lac à Slas

En continuant toujours plus loin vers le sud-est, en traversant le chemin du Lac-au-Diable on arrive au lac à Slas, qui est plus grand que les deux précédents. Ce site semble à cheval sur la ligne du lot 12 selon les cartes consultées. Stanislas Fournier a été le premier maître de poste de Manche-d’Épée; est-ce à lui que le lac doit son nom? La décharge du lac rejoint celle du lac à Didace et se jette dans la Petite rivière Madeleine.

Lac à Cyrille

Parmi ce groupe de lacs, le lac à Cyrille est celui qui se trouve le plus près du village. On y accède par un chemin qui rejoint celui du Lac-au-Diable. Il tiendrait son nom de Cyrille Bond qui a organisé une coupe de bois avec Eudore Boucher dans les environs.

Lac Long

En droite ligne au sud du lac à Didace, le lac Long se situe lui aussi à l’est du chemin du Lac-au-Diable. De toute évidence, son nom emprunte à sa forme. On le trouve tout juste au sud du 2e Rang. Il fut un temps où Léopold Fournier y avait construit sa ouache de chasse.

Lac à Foin

La Commission l’appelle le lac « au » Foin, la tradition a retenu lac « à » Foin. Encore plus au sud et selon une ligne qui le place à l’ouest du lac à Salomon, sa décharge coule vers le sud en direction du lac à Jimmy. Une fois de plus, on a affaire à un nom descriptif qui tient au fait que de longues herbes poussent sur la rive et dans lesquelles s’emmêlent les hameçons des pêcheurs. Il a 1,2 m de profondeur. Il est à peu près à la même latitude que le lac à Raphaël dont il sera question plus loin.

Lac à Jimmy

Tout comme moi, certains seront étonnés de constater que le lac à Jimmy se situe à l’ouest de la ligne du 12e lot, ce qui le place par conséquent à Manche-d’Épée. Cela n’a pas pour résultat de contredire l’histoire ou d’oublier que c’est à cet endroit que le syndicat qui réunissait les trois villages a fait chantier en 1945, et qu’il y a construit son moulin à scie, avant la fondation du syndicat de Manche-d’Épée. Le lac doit probablement son nom à Jimmy Gagnon de Madeleine-Centre.En direction sud en longeant la rivière

L’arrière-pays a vu se dérouler de nombreuses activités de foresterie aussi bien que de loisir, chasse et pêche, ou encore de cueillette de fruits sauvages. En le parcourant, on y rencontre des lieux dont les noms sont officialisés par la Commission de toponymie et un nombre plus important de lieudits qui appartiennent à la tradition orale. Le passage du temps a modifié l’apparence du territoire qui a été considérablement bouleversé par la construction du parc éolien. La route qui conduit sur la montagne a subi de lourds dégâts et n’est plus carrossable. On ne peut plus partir en jeep verte, comme je l’ai fait en de nombreuses occasions avec mon oncle Ernest, sans se soucier de l’état des chemins forestiers. Je vous propose un trajet inspiré de ces promenades de l’époque. Le territoire demeure tout de même accessible par d’autres moyens et d’autres voies.

Rue de la Rivière qui à son extrémité devient Route de la Rivière-de-Manche-d’Épée

Tout juste à l’ouest de la rivière, une route se dirige vers l’intérieur des terres. La municipalité l’appelle rue de la Rivière. La Commission emploie route de la Rivière-de-Manche-d’Épée sur ses cartes. Peut-être faut-il retenir que le premier tronçon, là où se situent les habitations, s’appelle rue, et que l’autre, lorsqu’il pénètre dans la forêt, prend alors le nom de route. Pour les curieux, notons que l’intersection des rues Principale et de la Rivière se situe à 49 o 15’ 04’’ de latitude nord et à 65 o 26’ 13’’ de longitude ouest.

Pont Blanc

Un pont sur la rue de la Rivière franchit le cours d’eau d’est en ouest, à environ 250 mètres de l’intersection. À quand remonte son existence? On le voit sur une photo de 1940, mais selon l’architecture qu’il avait à l’époque. Dans ses Notes historiques […], le curé Plamondon remarque qu’il est couramment appelé « le pont blanc » [et qu’il] fut construit par M. Léonard Boucher entre le 10 avril et le 9 mai 195630. Mon père s’était improvisé entrepreneur pour les circonstances. La structure a été reconstruite depuis. Certains l’appelaient le pont à Delard, découlant du fait que la maison la plus près était celle du regretté Adélard Blanchette.

Le Belvédère

En levant les yeux vers le sud, on aperçoit, perché sur le bord de la montagne, un belvédère qui offre une vue en plongée sur tout le territoire qui s’étend de chaque côté de la rue de la Rivière. Pour s’y rendre, il vaut mieux pour les randonneurs demander aux résidents de leur indiquer la meilleure voie d’accès.

Pont à Méo

En poursuivant sur la rue de la Rivière, on découvre un autre petit pont à gauche. On le nomme le pont à Méo en référence à Roméo Boucher (1913-2002) qui a habité la propriété héritée de son grand-père Anthime et de son père Arthur, endroit où réside aujourd’hui son fils Jocelyn. De 1964 à 1992, il a aussi été le pont qui menait au Centre sportif. On ignore en quelle année il a été construit et il a été rénové récemment.

Côte Croche

Toujours sur la rue de la Rivière, après avoir dépassé la prochaine résidence, on arrive dans une courbe montante qui contourne en quelque sorte la maison qui se trouve en bas, à droite, et que l’on désigne sous le nom de côte Croche, ce qui la décrit très bien. La maison est aujourd’hui celle de Sylvain Boucher.

Chemin du Roi

Les vieilles côtes du chemin du Roi apparaissent immédiatement sur la droite au sommet de la côte Croche. Avant 1929, le chemin maritime qui arrivait de Gros-Morne débouchait au village à cet endroit. On peut encore l’emprunter pour se rendre au Petit Ruisseau.

Pont à Robert

Aussi appelé pont de la Coulée-du-Noroît. Après avoir dépassé la dernière maison, la rue prend alors le nom de route et l’on arrive au pont à Robert, du nom de Robert Pelchat qui possédait une terre à proximité. Considérant sa dimension, il n’y aurait pas d’offense à dire que c’est un ponceau. Quant à la route, rappelons-nous que par le passé on parlait du chemin du syndicat, en référence au syndicat forestier, et qu’il serait sans doute plus exact ici de parler d’un chemin forestier.

Sucrerie à Robert

Au Québec, une sucrerie se définit comme « une plantation d’érables à sucre exploitée pour la fabrication des produits de l’érable. » Celle qui appartenait à Robert Pelchat se trouvait à droite du pont en allant vers le sud. On voit encore les restes de la cabane.

Montagne Plate

Toujours sur la droite, bien visible du haut de la côte Croche, s’élève la montagne Plate. Son sommet en forme de plateau raboté par les glaciations explique son nom très descriptif.

Au début des années 1930, la montagne a été le lieu d’un chantier forestier dirigé par Camille Sirois et Calixte Fournier. Les billots étaient transportés au moyen de chevaux jusqu’au moulin à scie des Fournier, situé dans la plaine en bordure de la rivière. Ernest se souvient d’avoir entendu dire que le jeune Moïse Pelchat, fils d’Euloge et de Marie Bernatchez, se trouvait du nombre des charretiers. On rapporte qu’Honoré Gaumond, le beau-frère de Calixte, était le cuisinier.

Elle pourrait aussi s’appeler la montagne des conscrits, car c’est là que se sont réfugiés les hommes qui s’opposaient à l’obligation de partir à la guerre par suite de la crise de la conscription de novembre 1944.

Coulée du Noroît

Aussi connue sous le nom de coulée à Édouard. Par définition, une coulée correspond à un sentier tracé par le passage du gibier. Ici, il désigne un ravin dont un côté constitue le flanc nord-ouest de la montagne Plate. Quant au Édouard qui a pu lui donner son nom, on pense à Édouard Blanchette (1826-1924), qui s’est installé dès 1880 au milieu de la vallée.

Chemin de l’Abattis

On parle ici du chemin forestier tracé sur le versant sud de la coulée du Noroît pour accéder au sommet de la montagne Plate. Il débouche à droite après le pont à Robert et il conduit à un ancien abattis dont il tient son nom.

Abattis à Drien Blanchette et Eusèbe Robinson

L’abattis est soit un amas de bois abattus pour éclaircir la forêt ou encore le résultat des travaux d’un chantier forestier. Dans ce cas, le chantier sur la montagne Plate relevait d’Adrien Blanchette et d’Euzèbe Robinson. Adrien, petit-fils d’Édouard, et Eusèbe étaient des voisins.

Réserve écologique de Manche-d’Épée

Depuis 1984, une aire de la forêt été consacrée réserve écologique pour la protection d’érables à sucre et de bouleaux jaunes. Le nom est reconnu par la Commission. À environ 1 km du village, elle recouvre une superficie de 5,73 km2 qui va des lots 21 à 27 sur la largeur; au nord, elle englobe une partie du 1er rang et se rend, au sud, au-delà de la coulée à Slas. Il faut distinguer entre les limites de cette importante aire protégée et l’emplacement en réserve qui fait 401 m de long sur 137 m de largeur. On découvre ce dernier sur la gauche en continuant sur la route de la Rivière-de-Manche-d’Épée, et il correspond approximativement à ce que l’on appelait la grande sucrerie ou la sucrerie à Calixte Fournier.

Sucrerie à Isidore Pelchat

Plus loin, toujours sur la gauche, se trouvait la sucrerie à Isidore Pelchat, le premier gérant du syndicat forestier. C’est aussi à cet endroit que se situe la ligne de démarcation du deuxième rang, et nous voici au fronteau des lots du canton, autrement dit à la ligne qui marque d’est en ouest l’extrémité des terres privées. Le bois qui a servi à la construction de la patinoire a été bûché au sud de la sucrerie.

Coulée à Slas

Située en quelque sorte dans la partie sud du territoire de la réserve écologique, la coulée à Slas se profile entre des montagnes sans dénomination. Stanislas Fournier, né en 1872, a été le premier maître de poste et il a de toute évidence associé son nom à cette coulée pour une raison inconnue. Il y a aussi le lac à Slas, on se souvient, à l’extrémité est du territoire.

La Grande Cavée

En continuant sur la route, du côté opposé à l’abattage du bois de la patinoire, c’est-à-dire à l’ouest, se trouve la Grande Cavée, un chemin creux qui s’enfonce entre la montagne Plate, à droite, et la montagne de la Grande-Cavée, à gauche.

Montagne de la Grande-Cavée

On arrive ici à la première montagne que doit gravir la route de la Rivière à partir de la mer. Elle représentait un véritable défi pour les charretiers qui montaient au chantier ou plus tard pour les camions qui transportaient le bois. Elle constitue le côté sud-est de la Grande Cavée.

Pont des Vaillants

Tous les printemps, la route qui commence ici son escalade de la montagne de la Grande-Cavée est coupée par le ruissellement des eaux qui dévalent la pente. Chaque année, il fallait effectuer des réparations. À l’époque du syndicat, celui-ci y désignait une équipe. Par la suite, ce fut l’affaire des usagers. Les pêcheurs à la truite, les chasseurs et les amateurs de promenades en forêt y contribuaient de leur temps.

Une année, une équipe conduite par Robert Pelchat répare la route et le pont, puis installe un écriteau sur lequel on lit : pont des Vaillants. Il y a longtemps que l’écriteau a disparu et qu’il n’y a plus de bénévoles pour réparer le pont et la côte, mais l’histoire du pont désigne un lieu qui trouve sa place dans la tradition orale.

Le Coteiller

Le Coteiller est une section très pentue de la route de la Rivière coincée entre le versant abrupt de la montagne à gauche et le profond précipice de la Grande Cavée à droite. Le mot pourrait venir du verbe se colletailler qui illustre bien l’affrontement avec la montagne qui attendait les voyageurs désirant franchir cette distance.

Côte à Corton

L’expression vient d’Ovias Boucher qui observerait que Pierre Robinson et Wilfrid Fournier apportaient tous les jours un bol de creton (corton) pour leur repas au chantier forestier. La côte à Corton se situe sur la route dans le prolongement du Coteiller. Il y a longtemps, un écriteau l’identifiant a été planté là par Ovias pour l’amusement des passants. Une anecdote qui mérite elle aussi d’entrer dans nos légendes.

Côte à Ti-Drien

Toujours dans le prolongement de la route, cette partie de la côte a été désignée en référence à Adrien Fournier qui a tenu un bûché à cet endroit. Adrien, né en 1915, était le fils de Calixte et d’Aimée Gaumond.

Pont de la Décharge-du-Premier-lac

Une fois que l’on atteint le sommet de la montagne, un ponceau enjambe la décharge du lac que l’on découvrira un peu plus loin. On le nomme exagérément pont. Quand on l’a traversé, un chemin sur la droite conduit vers le lac à Jos et le lac à Ernest.

Premier lac de Manche-d’Épée

C’est le nom qui est reconnu par la Commission. Premier d’une succession de trois lacs que le voyageur découvre sur la montagne, son nom a une fonction descriptive. On peut facilement s’imaginer comment il est entré dans la tradition orale lors des conversations entre les premiers habitants. Le Premier lac est situé à 7,5 km du village. La rivière y prend sa source et il a généralement été le site d’un barrage de castors.

Deuxième lac de Manche-d’Épée

À courte distance au sud-est, sa décharge coule vers le nord et se jette dans le Premier lac. Son nom est aussi répertorié par la Commission. D’une profondeur de 1,2 m, son fond est très vaseux et on y trouve des vestiges de la présence de castors.

Troisième lac de Manche-d’Épée

D’une superficie intermédiaire entre celles du Premier, plus grand, et du Deuxième plus petit, sa distance du Deuxième est deux fois plus grande que celle qui sépare les deux premiers. Sa décharge coule au sud en direction du lac au Diable. Il est aussi répertorié par la Commission.

Lac à Raphaël

Comme les trois précédents, celui-ci apparaît sur les cartes de la Commission sans que son nom soit pour autant inscrit à son répertoire. Dans la prononciation locale, on dit lac à « Rafêle ». L’un des fondateurs du village de Gros-Morne, arrivé vers 1862, s’appelait Raphaël Lévesque. Il semble logique de lui attribuer le toponyme. À droite quand on parvient au sommet de la montagne, sa décharge constitue un affluent de la rivière de Manche-d’Épée. Il se trouve à environ 500 m d’altitude.

Lac à Ernest

Au sud du lac à Raphaël, à l’ouest du Premier lac, se trouve le lac à Ernest. De quel Ernest parle-t-on ici? Un des fils d’Anthime Boucher, né en 1885, portait ce prénom. Il a été membre du premier conseil municipal en 1916.

Le Grand Ruisseau

La décharge du lac à Ernest coule vers le sud sous le nom de Grand Ruisseau; celui-ci rejoint la décharge du Troisième lac avant de se jeter dans la rivière au Diable au sud du lac du même nom.

Coulée à Arthur Gagnon

En continuant à l’ouest du Grand Ruisseau, on arrive dans la coulée à Arthur Gagnon, entrepreneur forestier.

Camp à Ti-Lie

Plus au sud-ouest se trouve le camp à Ti-Lie, entendre à Élie Béland, autrement appelé le « camp de batch ». Les hommes qui bûchaient au chantier du « camp d’en haut », encore plus loin en direction du sud-ouest, venaient y manger le midi. On parle ici d’un chantier qui se tenait vers la fin des années 1950. De cet endroit on voit le site de la colonie du Lac-au-Diable, aussi désigné sous le nom de Tite-Farme (petite ferme). Souvenons-nous que c’est là, entre 1872 et 1877, qu’a eu lieu le grand chantier sous l’autorité détestée de l’entrepreneur Edouard Vachon. La légende veut que les bûcherons aient vu en lui le diable qui a donné son nom au lac qui se trouve en partie à Manche-d’Épée.

Lac à Jos

À quel Joseph se vouer? Ils furent si nombreux dans l’histoire locale! L’un des fondateurs du village s’appelait Joseph-Octave Fournier. Situé à l’est du Grand Ruisseau et au sud-est du lac à Ernest, le lac à Jos est plus petit que ce dernier et sa décharge se jette dans le Premier lac.

Petit lac Ernest

Au sud du lac à Ernest, à la latitude du lac au Diable, se trouve un groupe de six petits lacs dont l’un se nomme le Petit lac Ernest. Trois des lacs de ce groupe alimentent le Grand Ruisseau.

En continuant vers le sud, on franchit la rivière Madeleine qui traverse tout l’arrière-pays avant de parvenir, après un grand nombre de méandres et de chutes spectaculaires, à son embouchure. Elle coule sur le territoire du canton Lefrançois. Sur ce même canton, se cotoient le lacotte à Gosselin, les lacs Touladi, Victor, Vasière, Croche, Trèfle, Léo, Simoneau, du Buck, ainsi que le ruisseau aux Framboises et la coulée à Achille.

Bûché du Premier lac

Retournons vers le nord près du Premier lac. Bien qu’il soit difficile d’en découvrir des vestiges, on pourra s’imaginer le site du chantier inaugural du syndicat en 1947. Les camps étaient bâtis à courte distance du côté est du lac et le bûché à proprement parler se poursuivait dans la même direction.

Lac à Joseph Pelchat

Ce lac se situe quelque peu au nord du bûché du Premier-lac. Rappelons que Joseph Pelchat, qui a épousé Mélanie Boucher, a aussi donné son nom à une anse, comme nous l’avons déjà mentionné.

Lacotte à Ti-Bert Gaumond

Comme les deux diminutifs compris dans son titre l’indiquent, il s’agit d’un tout petit lac identifié à Albert Gaumond (1899-1970) pour une raison encore inconnue (chasse, pêche, bûchage?). Se peut-il que le mot « lacotte » soit un néologisme gaspésien? Ce lac se situe à l’est du bûché du Premier-lac.

Connaissance du paysage en résumé

Avec le ruisseau Blanc d’un côté et le ruisseau Ferré de l’autre, le village apparaît comme un ensemble de mots entre deux virgules.

Mais, au-delà de cette image, quelles conclusions peut-on tirer de l’exercice qui nous apprend à mieux connaître le territoire de Manche-d’Épée?

Ce répertoire contient 67 toponymes répartis en 26 groupes, chaque groupe étant ce que la Commission appelle le générique. Par exemple, la liste contient 16 lacs, lac étant le générique. Chacun comporte un nom qui le distingue des autres, le spécifique selon la terminologie de la Commission. Dans Lac Long, lac est le générique et long le spécifique.

Sans aller plus loin dans ces considérations d’ordre méthodologique, nous constatons qu’il y a des lieux relevant de la nature (baie et anse, rivière, pointe, ruisseau, rocher, lac et lacotte, montagne, coulée, cavée). Ils sont au nombre de 31. Il y a aussi des voies de communication (rue, route, chemin) et des constructions ou aménagements sur ces voies (pont, croche, côte, coteiller). Cela représente 24 toponymes. Trois endroits sont associés au tourisme et à la détente (parc, halte, belvédère). Enfin, cinq lieux relèvent du travail ou du loisir (bûché, abattis, camp, chafaud, sucrerie), en plus d’une maison à valeur patrimoniale, d’une croix avec grotte et d’une réserve écologique.

Rien d’étonnant à ce que les noms de lieux associés à la nature soient les plus nombreux. Elle occupe la presque totalité du territoire. Les voies de communication offrent une variété d’occasions de désigner les sites où l’on circule. Pour les autres catégories, la quantité d’endroits relatifs au travail augmenterait si l’on incluait les lieux privés. Toutefois, force est de constater qu’il ne reste qu’un témoin de la pêche au large dans ce qui était un poste de pêche à l’origine. Depuis la fin de la pêche à la morue, depuis la démolition de la neigère, des cabestans et des chafauds, on n’en voit malheureusement plus autre trace dans le paysage.

Dans un monde idéal, une carte comprenant tous les noms des lieux permettrait de les situer sur le territoire afin de partir à la découverte de son histoire et de sa beauté.

Aujourd’hui, la meilleure, sinon la seule manière de parcourir agréablement l’arrière-pays est de circuler en VTT. On y accède en empruntant le chemin du Lac-au-Diable à l’est et le chemin du parc éolien sur les Côtes-de-Manche-d’Épée à l’ouest.

Un répertoire toponymique n’a cependant pas pour ambition de servir de guide touristique.

Est-ce que cette liste est complète? Probablement pas. Il sera toujours possible de la compléter en me signalant des corrections ou des oublis. J’espère surtout que cet exercice, sans autre intention que celle de recueillir un volet de notre mémoire pour le protéger de l’oubli, s’est aussi avéré une lecture agréable.

 

Remerciements:

Je remercie Ernest Boucher de m’avoir fait connaître un grand nombre des lieux occupant le territoire du village et de m’avoir rafraîchi la mémoire encore récemment, ainsi que Blandine Mercier pour sa collaboration. Je remercie aussi Thérèse Bond, Danio Fournier, Jocelyn Boucher et Benoit Lepage de leur collaboration.

Je remercie Marlène Clavette pour la révision de texte.

Notes et références:

1. Jean Poirier, « De la tradition orale à la toponymie » dans Cahier de géographie du Québec, vol. 9, no 17, 1964, p. 92, http://id.erudit.org/iderudit/020530ar (consulté le 15 décembre 2016).

2 Julie Clarini, « Dans le secret des lieux » dans Le Monde des livres, 17 novembre 2016, p. 1.

3. Henri Dorion, « La toponymie et l’enseignement de la géographie » dans Cahier de géographie du Québec, vol. 30, no 81, décembre 1986, p. 430.

4. E.-B. Deschênes, o.p., « Essai de toponymie gaspésienne » dans Revue d’Histoire et de tradition populaire de la Gaspésie, vol XV, no 3, juillet-septembre (59) 1977, p. 134. Première parution dans le Bulletin de Recherches Historiques, vol. XLII, no 3, mars 1936, p. 148-173.

5. Carmen Roy (1955), Littérature orale en Gaspésie, Ottawa, ministère du Nord canadien et des Ressources nationales, p. 22. Une seconde édition revue et augmentée a été publiée chez Leméac en 1981.

6. Op. cit., p. 25.

7. E.-B. Deschênes, o.p., op. cit.

8. Commission de toponymie du Québec, http://www.toponymie.gouv.qc.ca/ct/a-propos-commission/mission-mandat/ (consulté le 15 décembre 2016).

9. Jean Poirier, op. cit., p. 93.

10. E.-B. Deschênes, o.p., op. cit.

11. Benoît Grenier, Michel Morissette, « Les persistances de la propriété seigneuriale au Québec. Les conséquences d’une abolition partielle et progressive (1854-1970) », Histoire & Sociétés Rurales, 2/2013 (Vol. 40), p. 61-96. http://www.cairn.info/revue-histoire-et-societes-rurales-2013-2-page-61.htm     (consulté le 15 décembre 2016).

12. Alfred Pelland (1914), La Gaspésie : esquisse historique, ses ressources, ses progrès et son avenir, gouvernement de la province de Québec, département de la Colonisation, des Mines et des Pêcheries, p. 269. Nos Racines (consulté le 22 février 2016).

13. M. Bossé, « La Gaspésie en 1872 » dans La Revue d’Histoire de la Gaspésie, vol VI, no 4, octobre-décembre (24) 1968, p. 180.

14. E.-B. Deschênes, o.p., op. cit., p. 148.

15. Op. cit.

16. Op. cit.

17. Op. cit.

18. Commission : http://www.toponymie.gouv.qc.ca/ct/ToposWeb/Fiche.aspx?no_seq=38404 (consulté le 15 décembre 2016).

19. E.-B. Deschênes, o.p., op. cit., p. 136.

20. Op. cit., p. 148.

21. Commission : http://www.toponymie.gouv.qc.ca/ct/ToposWeb/Fiche.aspx?no_seq=38403 (consulté le 15 décembre 2016).

22. W.E. Logan, Exploration géologique du Canada : rapport de progrès pour l’année 1844, Montréal, De l’imprimerie Lovell et Gibson, rue St. Nicolas, 1846, 119 pages. Merci à Jean Lavoie de la Commission de m’avoir fourni la référence. (consulté le 15 décembre 2016). https://books.google.ca/books?

23. The St. Lawrence survey journals of captain Henry Wolsey Bayfield, 1829-1853, The Champlain society, Toronto, 1984, 401 pages. (consulté le 15 décembre 2016). http://collections.mun.ca/PDFs/cns/CaptainBayfieldsSurveyJournals_Vol01.pdf

24. Collectif, Les vieilles maisons d’ici, Revue d’histoire et de traditions populaires de la Gaspésie, Gaspé, vol XVII, no 68, 1979, p. 189.

25. Op. cit., p. 190.

26. Marcel Plamondon (1980), Notes historiques sur la paroisse de Madeleine, Madeleine, p. 111, pour les deux dates qui précèdent.

27.  Jacques Ferron (1980), Gaspé-Mattempa, Éditions du Bien Public, p. 29.

28. Op. cit.

29. Carmen Roy (1955), op. cit., p. 35.

30.  Marcel Plamondon (1980), Notes historiques sur la paroisse de Madeleine, p. 110.

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