Photos

L’album photo de l’anniversaire de Manche-d’Épée est une joyeuse addition d’images issues des collections de celles et ceux qui acceptent gentiment de les partager.

Tout comme les articles, les photographies sont l’occasion de considérer le chemin parcouru, même si la mémoire est oublieuse.

Dans toute la mesure du possible, l’objet de la photographie, son auteur, son propriétaire et la date sont précisés.

Je vous encourage à contribuer à cette galerie. Vous découvrirez comment le faire à la page M’écrire.

Anse de Manche-d'Épée, août 2009, photo: B.Boucher

Grève de galets

Une idée de ce qu’ont vu les fondateurs à leur arrivée.

Desneiges Pelchat et William-Guillaume Davis, vers 1881-85, studio Archambault, Montréal, coll: Denis Pelchat

Un couple de pionniers

Desneiges Pelchat et William-Guillaume Davis se sont installés au village en 1867. Vers 1881, ils déménagent à Montréal où William-Guillaume décède le 7 septembre 1885, à l’âge de 44 ans. La photo date donc de cette période. Elle appartient à Denis Pelchat que je remercie de la partager avec nous.

Livre qui raconte l’histoire du matelot André Castagne (1830-1902) lors du naufrage du Swordfish et qui par la même occasion décrit les conditions de vie des pionniers, voir la note 6 de l’article

Le Woodstock s’échoue en décembre 1867, il y a 150 ans

Largement méconnu, le sort de la goélette de 967 tonneaux et de son équipage se révèle l’un des naufrages les plus énigmatiques de ceux qui sont survenus sur la côte gaspésienne. Alors que le récit du Swordfish circule grâce au livre du matelot Castagne, les éléments qui permettent de reconstituer l’histoire du Woodstock échoué à Manche-d’Épée sont demeurés épars jusqu’à présent. Au profit d’une combinaison d’heureuses coïncidences et de collaborations inespérées, le dossier du voilier s’est peu à peu étoffé pour laisser entrevoir les dessous d’un accident dont les raisons risquent de rester à jamais inexpliquées. Des certificats d’enregistrements, des articles de journaux, des registres, des artefacts, des livres illustrent les différents aspects d’un événement qui est venu troubler le deuxième ou peut-être le troisième hiver pour certains de nos ancêtres dans leur poste de pêche à l’installation rudimentaire.

Louis Pelchat, date inconnue, coll.: Denis Pelchat, infographie: Mathieu Boucher

Sa maison est toujours là

Louis Pelchat (1848 -1935) a bâti, vers 1868, la maison qui s’avère aujourd’hui la plus vieille du village. Trois autres maisons, celles d’Euloge Pelchat, de Napoléon Fournier et de Josué Boucher font voir des similitudes architecturales entre elles. Les deux premières ont été démolies et la troisième a été profondément modifiée. D’autres maisons possédaient ce style des débuts, mais les transformations qui leur ont été apportées ne permettent plus de le reconnaitre maintenant. Léguée à sa fille Céline qui s’est mariée avec Ernest dit Eugène Béland, la maison a finalement pris le nom de ce dernier.

M. Amédée Boucher devant la neigère, 1937, coll.: Marguerite Boucher

La neigère, un lieu central pour les pêcheurs

Pendant plusieurs années, l’activité de la pêche tournait autour de la neigère. Amédée Boucher (1898 – 1971) a participé à sa construction et en a été le responsable pendant toutes les années où elle a été ouverte.

...une harmonie qui s'intègre bien dans le paysage, juillet 2016, photo : Blandine Mercier

Le monument commémoratif dévoilé le 24 juin 2016

Le village est désormais doté d’une œuvre qui inspire un sentiment unanime de fierté. L’œuvre de Stéphane Béland est sobre et sa localisation à proximité du lieu où fut découvert le manche, qui marque l’arrivée des pionniers, est judicieuse. Le socle dans lequel elle est plantée, tout blanc, renforce l’esthétique de l’ensemble.

Le maire, Joël Côté, et Claire Boucher, présidente du Comité de développement, procèdent à l'inauguration, 24 juin 2016, photo : Albini Fournier

Les célébrations du 150e anniversaire

Des allocutions, le dévoilement du monument commémoratif, l’inauguration du parc, la population et ses invités se sont retrouvés en musique pour une fête qui s’est terminée devant le feu de grève. Voici des photos qui évoquent certains de ces moments.

Mariage de Rose-Delima et de Napoléon, 1e juillet 1884, fonds Lucille Pelchat, coll.: Mariette Fournier

La famille Davis

Il s’agit d’une famille très présente à Manche-d’Épée pendant la première moitié du 20e siècle. Par ses activités commerciales et sa participation à la vie sociale, elle marque son époque. Lors de l’inauguration de l’église, en 1914, Louis dit « Bébé », qui a 26 ans, interprète le Credo du paysan d’une voix chaude et puissante, selon un témoignage rapporté par l’abbé Plamondon.

De g. à d.: deux invités, Lucille, Napoléon, Julia, Rose, Jeannette, Ti-Blanc, Regina, Mary Davis, date inconnue, fonds Lucille Pelchat, coll.: Mariette Fournier

L’hôtel de la famille Davis

Napoléon Davis (1863-1944) et Rose Duguay (1864-1957) font montre de perspicacité en bâtissant leur hôtel au moment où la construction de la route ouvre la région à des touristes curieux de faire « le tour de la Gaspésie ». Il représente aussi un lieu de divertissement pour la jeunesse de l’époque. Et le magasin attenant offre des biens de première nécessité.

... une piste sans obstacles..., juillet 2005, photo: B.Boucher

Un monde de caps et de falaises

La conduite au pied des falaises de la Gaspésie renferme un charme indéniable. Elle peut aussi comporter des risques considérables. Depuis l’époque du « sentier des grèves », la situation s’est progressivement transformée au fil des décennies. Aujourd’hui, elle est sécuritaire, sans oublier que la nature conserve toujours ses droits.

Monter dans le bois, vers 194-?, source inconnue, infographie Mathieu Boucher

Travailler au syndicat

On employait diverses expressions pour dire qu’on était travailleur forestier, selon une dénomination plus récente. Par exemple, les hommes « montaient dans le bois », « faisaient chantier », « bûchaient au syndicat »; là, ils se retrouvaient « bûcheux », charretiers, « cook » ou « show-boy ». Le travail se révélait difficile, les conditions de vie spartiates et les salaires modestes. La formule coopérative, séduisante qu’elle était, représentait un défi pour des hommes habitués à mener leur affaire ou à travailler pour un « boss » qui n’était pas un des leurs. Chaque site de coupe devenait un « bûché » qui prenait en général le nom du lieu où il se déroulait : bûché du Premier lac, du Grand-coteiller, etc. Peu d’hommes sont encore là pour en témoigner.

Jovette Pelchat, 12e et dernière maitresse de poste de 1972 à 2012, date: 2016, coll.: Jovette Pelchat

De retour de la « malle » avec le sourire

Entre 1905 et 2012, nous revenions de la « malle » avec une émotion différente chaque fois : content, fier, déçu, malheureux ou indifférent les jours qui ne comportaient aucune attente particulière. Entre 1905 et 2012, douze maitres de poste ont été témoin des réactions de nombreuses générations d’usagers. Ces personnes ont rempli des mandats dont la durée a varié entre un mois et quarante ans. Elles ont exercé leurs fonctions dans des conditions extrêmement différentes. Il fut une époque où la « malle » constituait un moyen incontournable pour communiquer avec le monde. De nouvelles solutions se sont progressivement imposées. En revenant sur le chemin parcouru, nous comprenons mieux le présent et l’efficacité des moyens à notre portée. Mais il n’y a plus de maitre de poste pour nous adresser un sourire.

 

Page couverture du numéro 187 du Magazine Gaspésie, novembre 2016-février 2017

Paru dans le Magazine Gaspésie

Dans son numéro 187 (novembre 2016-février 2017) qui vient de paraitre, le Magazine Gaspésie publie, à la page 37, un article sur le 150e anniversaire de Manche-d’Épée. Il s’agit d’un court texte que j’ai soumis à ce magazine d’histoire qui retrace les différentes périodes de la vie dans la péninsule, et qu’il a inclus dans sa rubrique « Anniversaires ».

Pour en savoir plus : http://magazinegaspesie.ca

Hélène Fournier et son fils Patrick Duguay au Centre sportif, date: vers 1975, coll.: Marie Fournier, infographie Mathieu Boucher

Sur des ronds de glace jusqu’à la grande patinoire

Les heures passées sur la rivière, les ronds de glace, les patinoires familiales ou la patinoire située le long de la rivière constituent une réserve de souvenirs pour de nombreuses générations. Les filles avec leurs patins blancs, les couples qui entrecroisent leurs bras et les gars qui n’attendent que le moment de jouer au hockey forment des images dans nos mémoires. Les équipes se succèdent et les meilleurs joueurs reconnus ailleurs demeurent présents dans les conversations des amateurs. Nous en conservons des photos, mais il en manque, dont une du Centre sportif enneigé. L’espace est là pour les ajouter.

Paul Ouellette (1918-1944), soldat du Régiment de la Chaudière, date : vers 1941, coll. : famille Cécile Ouellette et Moïse Boucher

L’histoire, grande ou petite, façonne les humains

Le jeune homme sans doute idéaliste qui part de son village, en 1940, pour aller dans l’armée ne peut, avec la meilleure imagination, soupçonner tout ce qui l’attend. Paul Ouellette trime dur, découvre les « vieux pays », apprend l’anglais puis un métier et rencontre même une « amie de cœur » en Angleterre avant d’affronter le feu ennemi. Peut-être emporte-t-il avec lui des photos de sa famille? Les témoignages de jeunes normands nous révèlent avec émotion que les soldats gaspésiens parlent d’abondance de leur pays, qui est lui-même victime des sous-marins allemands. Le débarquement et la bataille de Normandie comptent parmi les épisodes les plus impitoyables de la Deuxième Guerre mondiale. Le village de Rots dans le Calvados se souvient de ceux qui sont venus le libérer et qui, comme Paul, sont tombés au champ d’honneur. Il fait partie de notre histoire.

Panneau indicateur amateur sur la route de la Rivière en direction sud, date : octobre 2005, photo : B. Boucher

Des noms et des images

Les lieux comme les personnes portent des noms pour marquer leur existence au monde et être reconnus dans la foule. Le nom d’un village symbolise aussi une appartenance; les sites ou les lieudits qui composent son territoire révèlent les traces de l’implantation humaine et du changement. Chaque toponyme qui entre dans la tradition orale est porteur de l’histoire des personnes, des événements ou des phénomènes naturels qui lui ont donné naissance. La toponymie de Manche-d’Épée est comme un recueil dans lequel nous lisons des récits commencés il y a un siècle et demi et plus, une lecture qui leur évitera, dans certains cas, de tomber dans le silence.

Manche-d’Épée, le garage au centre de la photo, date : entre 1950 et 1954, coll. : Hélène Fournier

Au cœur du village

Longtemps, le garage a rythmé l’activité au cœur du village. La fondation de l’entreprise par Maurice Lepage (1908-1975) a coïncidé avec l’essor de l’automobile et du tourisme dans la région.

Dans le film Wonderland of the Gaspé, de 1940 (en anglais seulement), qui peut se traduire par « Merveilleuse Gaspésie », l’on découvre le paysage, les routes, les autos et le mode de vie du temps. En y regardant attentivement, on voit très brièvement Manche-d’Épée du sommet des Côtes.  https://www.youtube.com/watch?v=-ZnkfnLoFns. Ce film a été produit par l’Office du Tourisme de la Province de Québec pour faire la promotion de la région.

La foule devant l’église de Rots le 11 juin 1994, 50e anniversaire de la libération, date : 11 juin 1994, coll. : Joël Aubin

Les repères de la mémoire

Une conversation avec les anciens qui ont connu l’occupation pendant la Seconde Guerre mondiale permet de comprendre toute la reconnaissance qu’ils éprouvent envers les soldats qui, comme Paul Ouellette, sont venus les libérer. Pour que ce devoir de reconnaissance se transmette aux jeunes générations, ils organisent des commémorations, élèvent des stèles, écrivent des livres, créent des témoins du souvenir, planifient des événements, rendent hommage aux vétérans et accueillent leurs descendants. « Sans eux que serions-nous devenus? » s’est demandé au nom de la Normandie l’écrivain Robert Merle.

Dans le sous-bois de la Réserve écologique, date : 2009, photo : B.Boucher

Un patrimoine naturel reconnu

La vallée de Manche-d’Épée renferme un patrimoine naturel d’une grande beauté où des cabanes à sucre ont été en exploitation pendant de nombreuses années. Cet endroit, témoin de l’histoire des sucreries, constitue d’autre part un site aux caractéristiques naturelles exceptionnelles. Désormais connu sous le nom de Réserve écologique, le territoire protégé représente une source de recherches et de connaissances qui, par son rayonnement et sa réputation, fait notre fierté.

La première école acquise en 1946 par Paul-Émile Fournier et Marguerite Boucher que l’on voit ici quelques années après les transformations, date : inconnue, source : Revue d’histoire de la Gaspésie, no 68, 1979

Nous sommes tous allés à la petite école

Nous sommes tous allés à la petite école, certains jours avec entrain, d’autres fois à reculons. Malgré cela, chacun et chacune conserve de cet âge une foule de bons souvenirs et des histoires à raconter sur le ton du bon vieux temps. Quand nous parlons de l’école du village, nous parlons d’une époque que les moins de 55 ans ne peuvent pas connaître. L’établissement en lui-même, les classes à degrés multiples, les maîtresses d’école et leur pédagogie, les manuels, le matériel didactique, tout remonte aux années d’avant la Révolution tranquille, d’avant l’avènement de l’ère numérique, quand le boulier compteur faisait office de calculette.

Magasin fondé en 1922 par Jules Boucher qui a ensuite appartenu à Sylvio Boucher et Georgiana Clavet de 1943 à 1976 puis à Rolande Boucher et Gérard Synnett de 1976 à 1989, date : vers 1980, coll. : Rolande Boucher

On en rapportait des provisions et des histoires

Les magasins, comme le garage ou le bureau de poste, ont été des lieux de rencontre et de convivialité aussi bien que des lieux de service. Le hasard mettait sur son chemin celui ou celle à qui poser la question que l’on se posait justement, et il offrait une occasion de « parler pour parler », belle expression qui résume tout à fait l’idée de voisinage. Bien sûr, on y allait pour faire des achats, sans ça, de quoi le commerce aurait-il vécu? Il n’y avait pas au village de magasin général remplissant la fonction de place publique qu’on leur accorde, mais à petit village, petite place où jaser. On a dénombré six magasins qui se sont relayés pendant un peu plus d’un siècle.

Billet d’admission au Théâtre Blanchette, date : entre 1954 et 1962, coll. : Françoise Bond

Des vues en couleur

Avec le recul des années, plus d’un demi-siècle déjà, on peut dire que les gens de Manche-d’Épée ont été privilégiés d’aller aux vues et au spectacle dans leur village. D’y aller à pied pour la plupart. Peut-être que l’on prenait cette situation pour acquise, mais l’histoire du cinéma au Québec montre que l’exploitation d’une salle dans un petit village n’allait pas de soi. Le Théâtre représentait un lieu de rencontres et de découvertes, une manière différente de se divertir. Les familles s’organisaient pour qu’un parent voie le film un soir et l’autre le lendemain, surtout si la critique était bonne. Tous ceux et celles qui en ont l’âge conservent de cette expérience des images, des ambiances, des odeurs, une atmosphère que seule une salle de cinéma peut dégager. Des couleurs de plus dans la vie.

Café Lisette vu de la route, date : vers 1945, coll. : Lauraine Bernier

Les touristes

Vaste sujet de conversation en Gaspésie année après année. Comme les nomades et les migrants, les touristes font l’objet de spéculations et de bilans. Pour dire vrai, à Manche-d’Épée nous les avons surtout vu passer, un petit nombre s’arrêtait. Le nom du village n’apparaissait pas sur leur carte des destinations incontournables. Sauf peut-être pour ceux qui faisaient le tour de la péninsule vers l’ouest et qui stoppaient net sur les côtes pour admirer l’enfilade des maisons, des falaises et des plains vers Gros-Morne, les premiers plains sur leur route du retour. Des petits commerces les ont sollicités au long des années, modestement. Maintenant, ce sont des maisons qui se découvrent une nouvelle vocation à la location. Demeurent quelques souvenirs photographiques.