Le Théâtre

Publié le 6 novembre 2017.

De mon enfance dans un petit village de la Gaspésie au détour des années 50,  je conserve de merveilleux souvenirs de ces films d’aventures épiques, westerns,  comédies musicales américaines et européennes, des Zorro, Errol Flynn,  Tarzan, Fernandel, Bogart, Josélito […]

Histoire générale du cinéma au Québec

Yves Lever

Un théâtre, comme il s’en construit plusieurs dans le Québec de l’après-guerre, s’implante à Manche-d’Épée au début des années 1950. Ces lieux qui portent le nom de théâtre exercent en réalité la double fonction de cinéma et de salle de spectacle. Leur programmation est composée de films d’origines diverses et de prestations de vedettes du burlesque, de la chanson et des variétés. Ici, on l’appelle le Théâtre Blanchette. Sur la côte nord de la péninsule, il existe déjà des théâtres dans les localités plus populeuses que sont Sainte-Anne-des-Monts, Mont-Louis et Rivière-au-Renard. L’entreprise locale recrute sa clientèle principalement dans les quatre villages qui vont de Gros-Morne à Rivière-Madeleine. Ses affaires se portent plutôt bien pendant une dizaine d’années. L’aventure inédite d’un théâtre situé dans un village où la population dépasse de peu la capacité de la salle se termine, comme chez plusieurs, avec l’avènement du petit écran.

Un gros pari

L’essor économique de l’après-guerre provoque un mouvement qui transforme progressivement la vie au Québec, dont l’accès aux divertissements artistiques. Les vagues de changement qui touchent la côte gaspésienne entraînent successivement la rénovation de la route, l’arrivée de l’électricité, la démocratisation du téléphone, toutes choses qui ont des répercussions sur la vie quotidienne. Le plus étonnant tient sans doute au fait que la construction du théâtre précède ces autres manifestations de la modernité.

Des salles de cinéma privées existent depuis plusieurs années dans des villes comme Matane où le Théâtre National est en exploitation dès 1927. Plus près de nous, ce boom de l’après-guerre a favorisé l’ouverture du Théâtre Caribou à Sainte-Anne-des-Monts en 19491, du Théâtre Riviera à Mont-Louis vers 1950, du cinéma Cartier à Rivière-au-Renard2à l’automne 1945, puis du Saint-Martin au même endroit en 1955, des écrans qui s’ajoutent à ceux de bon nombre de salles paroissiales qui présentent des films à compter de 1940.

Germain Blanchette manifeste depuis longtemps le désir d’être entrepreneur : un jour, il lance un projet de couvoir pour un élevage de poulets. Attenant à sa maison, il tient une salle de billard en même temps qu’un casse-croûte. Plus tard, il détiendra avec Gérard Boucher un permis de coupe de bois. Comment lui vient l’idée de bâtir un théâtre? Peut-être a-t-il consulté le propriétaire de celui de Mont-Louis, Jean-Paul Lapointe, ou assisté à la construction du Caribou dont les techniques semblent l’avoir inspiré? Selon sa sœur Yvette, sa motivation principale réside dans la nécessité de subvenir aux besoins de sa famille.

Toujours est-il qu’avec l’aide de son père Adrien, de ses frères Adélard et Armand, Germain entreprend de construire le bâtiment qui sera inauguré à l’automne 1954. Le modèle architectural choisi s’appelle quonset hut, qui consiste en une fondation rectangulaire surmontée d’une forme semi-circulaire3. Une structure préfabriquée en acier ondulé est d’ordinaire déposée sur le sol ou encore sur du béton ou du bois, formule mise au point par les Britanniques pendant la Première Guerre mondiale. Toutefois, Germain décide de tout fabriquer sur place. Pour réaliser les arches qui composent l’armature, il plie et cloue des planches sciées au moulin familial dans un gabarit qu’il a bâti sur le plancher de la future construction, le nombre leur assurant la résistance voulue. Maintenant qu’elles sont debout l’une à côté de l’autre moyennant un écart de quatre pieds (1,20 m), il recouvre l’ensemble de planches qu’il revêt pour finir d’un matériau de la nature du bardeau d’asphalte, mais livré en rouleaux.

Ainsi élevé, le théâtre occupe au nord de la route, entre la salle de billard et le garage Lepage, tout l’espace disponible jusqu’au plain. Pour cette raison, vraisemblablement, il n’ajoute pas, comme à Sainte-Anne-des-Monts ou à Matane, une entrée rectangulaire. La façade se compose plutôt d’une large porte bourgogne encadrée par deux présentoirs vitrés contenant les affiches des programmes en cours et à venir, et surmontée d’une enseigne lumineuse en relief ayant l’apparence d’un T renversé devant une fenêtre épousant la forme semi-cylindrique de l’architecture. Cet aménagement égaie le ton uniformément vert bouteille du bâtiment qui n’est rompu que par les sorties de secours. Il faut dire qu’à cette époque les revêtements des maisons sont généralement sombres.

Le spectateur qui passe la porte s’arrête d’abord au guichet sur sa droite, puis il se glisse derrière de lourdes draperies donnant accès à la salle. Les bancs sont disposés en trois sections, les plus petites sur les côtés et une grande au centre, séparées par deux allées en pente. Avant de choisir sa place, il s’approvisionne à son goût et selon ses moyens au comptoir à friandises qui borde la dernière rangée sous la cabine de projection. Dans l’éclairage fourni par quelques ampoules pendues au bout d’un long fil, il se rend à son siège fabriqué de lattes de bois qui épousent les courbes du corps pour le confort du dos et des jambes. Droit devant se dresse la scène surmontée d’un cylindre sur lequel est enroulé l’écran que l’on descend pour les séances. Une odeur de papier humide pareille à celle que l’on reconnaît chez les bouquinistes flotte dans l’air, et de façon encore plus prégnante après quelques jours de relâche. C’est que le recouvrement intérieur est fait de carton fibre ou tentest à l’état naturel qui donne sa couleur beigeâtre à la salle.

Celui ou celle qui déguste ses croustilles et boit son orangeade se demande peut-être à qui attribuer le confort des bancs qui ressemblent davantage à ceux d’un parc qu’à ces autres, rigides, d’une église. Ils ont été fabriqués par Roméo Boucher dont le père Arthur rêvait d’aller aux vues dans son village. Erreur du destin, il décède le 24 juin 1954, quelques semaines avant l’inauguration du théâtre.

Germain est un descendant d’Édouard qui s’installe dans le chemin de la Rivière de Manche-d’Épée en 1880. Germain, né en 1928, épouse Aurélie Synnett de Rivière-Madeleine le 17 novembre 1946. Aurélie est la fille d’Édouard et de Mathilda connue sous le nom de Blanche Lizotte. Ils ont tous les deux 18 ans lors de leur union et 26 à l’ouverture de la salle.

Des films et des tournées d’artistes

Environ trente ans après la fondation de Manche-d’Épée, soit le samedi 27 juin 1896, une première projection publique en terre canadienne se déroule à Montréal4 où un auditoire choisi assiste à la présentation des films des frères Lumière, les inventeurs français du cinéma. Rapidement, les images animées sortent de Montréal grâce à des projectionnistes ambulants qui s’exécutent dans des lieux variés et se rendent dans les régions. Arrive ensuite l’ère des salles permanentes dès 1906. On y offre des films muets dans lesquels les intertitres sont la majeure partie du temps en anglais. Le pianiste accompagne et souligne le déroulement de l’action.

Puis, en 1929, les salles de Montréal se voient proposer du cinéma parlant : dans une programmation majoritairement en anglais, les films en langue française se résument à ceux que le studio hollywoodien Paramount tourne en périphérie de Paris et aux authentiques films français importés par une entreprise québécoise appelée France-Film. Toutefois, Hollywood concédant qu’il serait mieux que ses films parlent la langue de ses auditoires se met progressivement aux versions doublées. Dès la fin de1945, les salles du Québec présentent de façon régulière des doublages en français de France. L’engouement du public croît à une vitesse qui illustre son intérêt pour les images animées, seulement accessibles dans une salle à l’époque, même si dans 90 % des cas, c’est pour y voir des films en langue anglaise5. À la fin des années 1930, la fréquentation annuelle représente douze entrées par habitant au Canada, ce qui n’inclut pas les séances dans les salles paroissiales, les écoles et autres lieux non spécialisés.

Ce déferlement d’images n’est pas du goût de l’Église qui a toujours jeté un œil suspicieux sur une réjouissance qui se déroule dans le noir. En 1937, le cardinal Villeneuve déclare que le cinéma dans le monde, le cinéma chez nous, est un agent de perversion morale, familiale et sociale6, rien de moins.

N’en déplaise au cardinal, l’année 1939 marque un tournant pour le cinéma au Québec, notamment parce que l’État fédéral met en place des moyens pour en promouvoir la production, en particulier l’Office national du film, et que les Canadiens français font naître ce qui deviendra une industrie cinématographique, plus active aujourd’hui que jamais. Le premier long-métrage qu’on lui attribue, tourné en 1944, s’intitule Père Chopin.

La Seconde Guerre mondiale paralyse la production européenne ainsi que le doublage des films étatsuniens. Dans ce contexte, les Majors américains continuent de dominer le lucratif marché des salles et imposent leurs produits7, ce qui a pour effet de stopper l’expansion du film parlant français. L’essor de l’après-guerre relance l’importation des films européens ou doublés, favorisant l’émergence de salles en région, à tel point qu’en 1952 on enregistre 60 millions d’entrées dans les cinémas du Québec. L’année 1952 est aussi celle de l’implantation de la télévision qui va considérablement freiner cette euphorie.

Pour sa part, le burlesque connaît une trajectoire qui n’est pas trop éloignée de celle du cinéma. Entre burlesque, vaudeville et variétés, les spécialistes établissent les distinctions sur lesquelles il n’est pas nécessaire de s’arrêter ici. Retenons seulement que le spectacle burlesque est un spectacle hybride, éclaté, fait d’une succession de numéros et de sketches sans rapport les uns avec les autres8, chanson, danse, farce, musique, humour, pour dire que le burlesque est avant tout un art d’acteurs9, des acteurs du rire et du comique.

À l’origine, ce genre de spectacle se fait connaître par des tournées de troupes américaines avant que le Québec ne s’en empare vers 1914. Trois périodes marquent le burlesque québécois : la première, qui va jusqu’à 1930, où l’on cherche une manière locale de jouer, conduit à l’émergence de vedettes comme Arthur Pétrie et Olivier Guimond père, et fait découvrir cette expression scénique en français. Ensuite, de 1930 à 1950, c’est la période de gloire du Théâtre National de Montréal notamment dirigé par La Poune. Ce qui nous amène à dire que le genre a connu son âge d’or dans l’immédiat après-guerre, au Québec francophone comme dans le reste de l’Amérique du Nord10. Et cela ne se passe pas qu’à Montréal, puisque grâce à Jean Grimaldi, les grandes vedettes se font aussi connaître en tournée, partout en province11, des tournées qui s’arrêtent à la salle paroissiale de Madeleine-Centre à compter de 1940. Puis, vient la troisième période qui marque le début du déclin du burlesque à partir de 1950 avec l’émergence des cabarets et de la télévision.

L’essor du cinéma et des variétés dans les années suivant la guerre se perçoit aussi sur les côtes de la Gaspésie. Il donne envie de partager l’engouement observé dans les villes. Cet écho entraîne de toute évidence la construction des salles de Sainte-Anne-des-Monts et de Mont-Louis, et il incite Germain à relever le défi d’une exploitation dans un marché où des études, comme il s’en fait maintenant, lui auraient sans doute déconseillé de se lancer.

La programmation du Théâtre Blanchette

Grâce aux photos d’un dépliant présentant la programmation du jeudi 29 mars au dimanche 1er juillet d’une année non précisée, nous connaissons les films projetés sur une durée de trois mois. En remontant les calendriers, on voit que ces dates correspondent à deux années, soit 1956 ou 1962, comprises dans la période d’exploitation de la salle. Des 27 longs-métrages inscrits, je parviens à lire 25 titres. De ce nombre, je dois retirer Les trois mousquetaires, car deux films portant ce titre sont sortis, l’un hollywoodien en 1948 et l’autre français en 1953, et qu’il est impossible de lire le nom des vedettes sur le document pour les départager. Il en reste donc 24 à examiner de près. Au vu de la date de sortie de chacun des titres retenus, il apparaît que deux d’entre eux ont été lancés dans les années 1930, quatorze dans les années 1940 et huit dans les années 1950; le plus vieux remonte à 1935 et le plus récent à 1954. Bien qu’il soit admis que les cinémas en région doivent se contenter de second runs, les primeurs ou les exclusivités leur échappant12, il serait exagéré de croire qu’on a attendu jusqu’en 1962 pour les mettre à l’affiche. De toute évidence, ce programme appartient à l’année 1956.

Ceci étant établi, retenons que la salle est en activité quatre soirs par semaine, les mercredi et jeudi pour un premier film, et les samedi et dimanche pour le second. À ce rythme, cela représente 104 titres et 208 séances par année, si tant est que le cinéma ne ferme pas les jours de fête, de tempête ou pour une autre raison. Quelle est la nationalité des 24 films à l’affiche? La compilation montre que dix-sept d’entre eux (71 %) sont originaires des États-Unis, quatre (17 %) de la France, deux (8 %) de l’Italie et un (4 %) de la Grande-Bretagne, ce qui ne détonne pas au regard des données de l’époque. Ces résultats ne sont pas non plus très éloignés de ceux d’aujourd’hui. Un observateur remarque à cet effet qu’au début des années 1960, presque tous les longs-métrages présentés dans les salles de cinéma de Québec et de Montréal provenaient de l’extérieur de nos frontières : de France, des États-Unis et, dans une moindre mesure, d’Italie ou d’Angleterre13, un constat qui à l’évidence est valable également à Manche-d’Epée.

Quant au corpus examiné, il s’en dégage que le plus vieux film s’intitule Golgotha, de Jean Duvivier, une évocation de la passion du Christ avec Jean Gabin, que les distributeurs programment sans doute à l’occasion de Pâques. Le plus récent est Le crime était presque parfait d’Alfred Hitchcock, un réalisateur alors au sommet de sa carrière, avec Grace Kelly. Étant donné que son doublage date de février 1955, voyons-le comme une primeur selon les critères de l’époque. Il faut toujours se souvenir qu’avant l’arrivée de la télévision, la salle constituait le seul lieu de présentation des films et que le décalage entre leur sortie et une projection en région avait une relative importance. Depuis, les supports s’étant multipliés, la chronologie des sorties reconnaît peu ou pas de privilèges au grand écran.

Outre Duvivier et Hitchcock, d’autres réalisateurs connus comme André Cayatte avec la Sérénade aux nuages mettant en vedette Tino Rossi ou encore Fritz Lang avec son western Le retour de Frank James, dont les principaux acteurs étaient Henri Fonda et Gene Tierney, sont au programme. Ce dernier film offre l’occasion de mettre en évidence une conjoncture particulière : sorti en 1940, il a été doublé en mars 1948, un retard causé par la guerre. C’est aussi le cas pour Arènes sanglantes de 1941, doublé en 1947, dans lequel jouent Tyrone Power et Rita Hayworth ou bien Gentleman Jim de 1942, sorti en français en 1948, où l’on voit Errol Flynn et la comédienne Alexis Smith plongés dans l’univers de la boxe.

Les genres suivants : drame, cape et épée, western, opérette, comédie, aventure historique, mélodrame et même un western musical se retrouvent parmi les 24 titres répertoriés. Du lot, retenons La flèche brisée, un western basé sur la vie du chef amérindien Cochise, qui donnera lieu à une série télévisée. Les plus âgés s’en souviennent.

Pour les plus jeunes, les noms de ces acteurs ou réalisateurs ne sont pas évocateurs à moins d’avoir acquis une bonne culture cinématographique. Quand on parlait de Clark Gable, Lana Turner, Douglas Fairbanks, Gary Cooper, Rock Hudson, Gregory Peck, Dorothy Lamour, Yvonne De Carlo, en plus de ceux précédemment cités, il s’agissait des grandes vedettes de leur temps. Les deux films italiens, Le péché d’une mère (1951) et Rebelles de Naples (1953) sont du même réalisateur, Guido Brignone, qui a connu un véritable succès commercial.

Aucun film québécois ne se retrouve dans cet échantillon : entre le Père Chopin, Un homme et son péché ou encore La petite Aurore l’enfant martyre, il n’est pas exclu que l’un ou l’autre des quelques films produits au Québec entre 1944 et la fin de la période d’activité du Théâtre Blanchette aient été présentés, par exemple Tit-Coq, mais aucun informateur n’a de certitude à ce sujet.

La projection incluait aussi un avant-programme, en quelque sorte un « sujet court » que l’on appelait « la série ». Sur l’horaire de 1956, sont inscrits trois épisodes de Venus of the West, dont je n’ai trouvé trace nulle part, et une autre dont le titre semble être J I G-MIN OF AIR, probablement une abréviation, à l’affiche pendant deux mois les samedi et dimanche. La série constituait une manière de fidéliser les spectateurs.

L’échantillon de 24 films est possiblement trop limité pour illustrer l’ensemble de la programmation du Théâtre Blanchette, mais je crois qu’il permet d’évaluer son activité durant sa première période qui se termine vers 1962 ou 1963. Rétrospectivement, elle montre que le public local a accès à une offre qui soutient la comparaison avec celle des grands centres, malgré le décalage et le nombre réduit de titres. Après la radio, les journaux, les romans-photos et les magazines, la culture contemporaine effectue son entrée au village en rupture avec les divertissements traditionnels.

Les sources disponibles pour reconstituer la programmation du burlesque sont rares. Une autre photo de ce dépliant qui contient la liste des films nous renseigne sur la venue de deux spectacles : le 17 mai, Troupe Narcisse et le lundi 21 mai, Troupe Roger Miron. Les recherches sur la première se sont révélées infructueuses. Quant à Roger Miron, c’est en 1956, l’année où il joue au Théâtre, qu’il connaît la consécration avec sa chanson À qui l’p’tit cœur après neuf heures, un ver d’oreille comme on dit aujourd’hui. Depuis 1952, Miron se produit dans l’est du Canada et aux États-Unis avec sa propre troupe. Ses affaires lui permettent de circuler en Packard, se souvient Benoît Lepage.

D’autres artistes comme Paolo Noël, Claude Blanchard, Armande Cyr, Les Flamingo, Ti-Gus et Ti-Mousse, Marcel et Renée Martel montent sur la scène du village. Le personnage emblématique de la tournée du burlesque au Québec, Jean Grimaldi, s’arrête avec sa troupe dont font partie La Poune, Olivier Guimond et Manda Parent; eux qui tenaient l’affiche du Théâtre National de Montréal jouent devant le public local. Il s’agit là de vedettes qui, quelques années plus tard, se retrouveront régulièrement au petit écran, particulièrement Olivier Guimond dans des sketches mémorables du Bye-Bye de Radio-Canada ou encore au Canal 10, l’ancêtre de TVA.

Grimaldi invite parfois des artistes de la place à le rejoindre sur scène aux côtés des siens; c’est ainsi qu’un jour le violoneux Henri Pelchat, un des plus talentueux de son temps, se produit devant ses concitoyens.

Comme on le constate, ce regard sur la programmation se concentre sur la première période de la salle grâce à la qualité des renseignements disponibles. À l’évidence, le Théâtre Blanchette constitue un épisode mémorable dans l’histoire de Manche-d’Épée : il permet un accès privilégié au cinéma et au burlesque dans un contexte défiant la logique économique de ces industries culturelles qui ont besoin de s’établir dans des localités plus populeuses, même si cette logique était plus souple à l’époque. Il est le témoin aussi bien que l’acteur d’un tournant marquant dans la vie de la collectivité dont la sociabilité s’est continuellement transformée depuis les années 1950.

L’arrière-scène d’un théâtre

Reportons-nous à 1954, l’année de l’ouverture de la salle. Pour exploiter un théâtre, on a besoin au minimum d’équipements, d’électricité, de films et de spectacles, de personnel et de publicité afin que la clientèle se déplace. En examinant ces éléments de plus près, on comprend la portée du défi qui se pose à l’entreprise pour qu’elle fonctionne. Un cinéma de ce temps-là requiert deux projecteurs, un premier, format 35 mm, principalement pour la présentation des longs-métrages, et un autre en 16 mm pour bon nombre de longs-métrages, mais en particulier pour les sujets courts. Nous ne savons pas auprès de quel fournisseur Germain les achète, mais sa débrouillardise lui permet de les faire tourner.

Lorsque la salle commence ses activités, l’électricité n’est pas encore distribuée dans Gaspé-Nord. Depuis 1947, des réunions ont lieu avec l’Office de l’électrification rurale pour trouver le moyen d’y parvenir. C’est l’ère des lampes à huile, des radios à batteries, des petites éoliennes ou des minuscules réseaux locaux comme cela s’est vu à Rivière-Madeleine, vers la fin des années 1920, avec la papeterie du Grand Sault ou à Marsoui avec la compagnie A. Couturier au début des années 1950. La solution réside dans les coopératives d’électricité, et l’une d’elles se forme pour desservir le territoire qui va de Tourelle à Saint-Maurice-de-l’Échouerie. Le barrage de la compagnie forestière de Mont-Louis, qui ferme ses portes, assurera la production du courant. Le 25 février 1955, on se lance dans la vente de parts sociales au coût de 100 $ (921,00 $ en 2017) par membre. Le 15 décembre, les premiers clients sont raccordés[14]. Cela est vrai pour Manche-d’Épée, sauf que devant les difficultés de mise en route du réseau, le service n’est véritablement offert qu’au printemps 1956. C’est pourquoi, depuis son ouverture, le théâtre s’éclaire et fait rouler ses projecteurs à l’aide d’une génératrice. Et pour garder le public au chaud, ce qu’il fallait bien sûr prévoir, un appareil de chauffage central alimenté au bois suffit à la tâche. Une longue cheminée est montée à l’arrière du côté de la mer.

La location des films est un enjeu fondamental. Les distributeurs sont situés à Montréal et ce n’est pas du tout simple de les joindre avec les moyens de communication qui se résument au téléphone, comme il fonctionnait alors en lignes groupées, ou par correspondance, sachant qu’à cette date on est encore loin de la notion de haute vitesse. Dans l’univers complexe de la distribution, la compétition est vive. Pour s’en faire une idée, sachons que c’est Astral film (1946), qui distribue principalement des versions de films américains, J.A. Lapointe (1946), Rex-Film (1951) et Art Film Inc. (1953), qui distribuent les produits commerciaux français (ou européens doublés en français) et les films de ciné-club (très demandés à partir de 1950)15. Pour ce dernier marché, les compagnies composent des catalogues diversifiés de vieux classiques offerts en format 16 mm.

La programmation du Théâtre Blanchette est présentée sur un dépliant de quatre pages imprimé à son nom pour un trimestre. Nos informateurs nous disent que le petit projecteur, donc le 16 mm, est généralement le plus utilisé. Dans ce cas, il est possible qu’une entente de type ciné-club prévoyant qu’un fournisseur se charge de concevoir une programmation, d’imprimer le dépliant, les billets et d’expédier les films par la poste ait été conclue. La location d’un long-métrage représente un montant approximatif de 25 $ (230 $ en 2017).

Outre le dépliant, des affiches ainsi que des annonces au moyen d’un haut-parleur soutiennent la promotion du film. En effet, Germain dispose d’un appareil à deux cornets installé sur le toit de sa camionnette et relié à un microphone qu’il utilise lors de ses tournées dans les villages. Ce même haut-parleur se retrouvera un jour à la patinoire pour la diffusion des avis et de la musique. En ce qui concerne les spectacles de burlesque et de variétés, on voit apparaître sur les poteaux de téléphone et d’électricité des affichettes que l’équipe agrafe quelques jours à l’avance.

Le personnel se recrute dans la famille et dans le voisinage. Les fonctions à remplir consistent en celle de projectionniste, dont le propriétaire se charge lui-même, et de guichetière, où se relaient Yvette Blanchette, Lucille Pelchat, Huguette Boucher et Murielle Lepage. D’ailleurs, on se souvient d’une anecdote au sujet de ces dernières : avant qu’elle ne travaille elle-même à la billetterie, la jeune Murielle se présente au cinéma en compagnie de son père, mais elle se voit refuser l’entrée par Huguette, car l’accès aux salles était interdit aux enfants de moins de 16 ans depuis 192816. Comme la différence d’âge entre les deux n’est que de quatre ans, Murielle se sent injustement traitée. Elle en voudra à sa consœur pendant quelque temps, peut-être jusqu’au jour où elle se retrouvera elle-même derrière le guichet? Dans l’équipe, une personne vérifie les billets avant l’entrée dans la salle et une autre est de service au comptoir à friandises, là où Yvette s’affaire quand elle ne se trouve pas au guichet.

Grâce à un billet qui a traversé le temps, nous savons que le prix d’entrée était de façon générale établi à 0,50 $ (4,61 $), ce qui incluait 0,05 $ (0,46 $) de taxe. Toutefois, le dépliant comporte pour certains films un avertissement qui dit : « couleur spécial adm .75 », une majoration possiblement attribuable au coût de location plus élevé pour certaines copies. Le prix d’entrée aux spectacles est fixé à 0,75 $ (6,91 $). Jusqu’en 1980, on considère que le coût moyen d’un billet de cinéma correspond à peu près toujours au salaire horaire moyen d’un ouvrier non spécialisé17; selon les données annuelles de 1963, reportées sur une base de 40 heures semaine, le salaire horaire s’établit à 0,63 $ (5,09 $) pour la moyenne québécoise et à 0,30 $ (2,42 $) en Gaspésie. Peut-on se consoler en se disant que, si le prix est proportionnellement plus élevé en région, les salles des villes ne sont pas la chance d’être situées au bord de la mer?

Difficile de se rappeler le nombre de places que contient ce premier théâtre. Alors, je me suis livré à un petit exercice à titre indicatif : à partir du solage du second bâtiment dont la dimension représente 65 pieds (19,8 m) de long par 33 pieds (10 m) de large, ce qui correspond plus ou moins aux dimensions du premier, j’ai calculé la superficie totale de laquelle j’ai soustrait selon mon évaluation celle du hall d’entrée, de la scène et des allées : j’ai divisé le résultat obtenu par la superficie approximative d’un siège estimé à quatre pieds carrés (0,37 m2). Le résultat de ce calcul donne 189 sièges. En considérant une marge d’erreur confortable, il est raisonnable de croire que le Théâtre Blanchette disposait d’au moins 150 places.

La clientèle se recrute principalement dans le village de Gros-Morne, où il y a 400 habitants, et dans la municipalité de Madeleine (Manche-d’Épée, Madeleine-Centre et Rivière-Madeleine) qui compte 900 habitants à cette date18. Des spectateurs viennent aussi de villages plus éloignés selon l’attrait du programme, les conditions de la météo et l’état de la route. Car, rappelons-le, jusqu’en 1955, le déneigement demeure aléatoire et les gens ont régulièrement recours à l’autoneige pour circuler. Ce qui laisse tout de même une population cible de quelque 1 300 personnes. En prenant l’année 1952 évoquée plus haut comme point de référence, alors que la province compte 4 174 000 habitants, on enregistre dans les salles commerciales environ 60 millions d’entrées, pour une moyenne de 14,3 entrées par personne19, est-il possible d’évaluer la fréquentation de celle de Manche-d’Épée? Étant donné la capacité de la salle, sa clientèle potentielle et le nombre de séances offertes, ce ratio se révèle trop élevé. Toutefois, nos informateurs évaluent le nombre moyen de spectateurs par projection à quelque 70 personnes. Sur cette base, cela donne un taux d’occupation se situant autour de 5,8 entrées par personne par année. Si l’Église en tant qu’institution voyait le cinéma comme une manifestation pernicieuse, on ne se souvient pas que le curé ait fait objection à l’arrivée de ce divertissement dans sa paroisse. Devant l’intérêt populaire, peut-être soupçonnait-il que toute opposition de sa part risquait de compromettre son autorité?

Pour résumer ce qui précède et mettre les résultats en perspective, retenons que le prix du billet local est proportionnellement plus élevé que celui des grands centres, un facteur attribuable à la faiblesse de l’économie de la région; ce prix ne peut être moindre, car la location d’un film ne coûte pas moins cher au propriétaire d’ici. Alors que les salles des capitales régionales comptent en moyenne 400 ou 500 places, et que certaines à Montréal dépassent 2 000 places, une salle comble à Manche-d’Épée ne représente jamais plus de 150 entrées, selon l’estimation faite. Avec 70 spectateurs en moyenne, cela donne un taux d’occupation de 46 %, un taux plus élevé que la moyenne québécoise. D’ailleurs, c’est seulement en maintenant un tel taux qu’elle peut survivre. Si l’on considère que la fréquentation du théâtre n’est pas ancrée dans les habitudes culturelles locales et que les conditions pour s’y rendre sont parfois très difficiles, on peut affirmer que le Théâtre Blanchette a relevé le défi.

Mais au cinéma, le mot FIN arrive parfois trop vite

Si le branchement à l’électricité est une bonne nouvelle, d’autres changements ont leurs inconvénients. La rénovation de la route, en 1955, facilite le déplacement des spectateurs, mais elle a aussi des conséquences irréparables pour le Théâtre. Tout comme l’hôtel Gaspé-Nord et le garage Lepage qui ont souffert du relèvement de la voie, le Théâtre Blanchette se trouve d’un coup enfoncé d’au moins un mètre sous le niveau de l’asphalte, tandis que l’accotement vient s’échouer à courte distance de l’entrée. Un escalier de béton pare au plus difficile, mais il n’empêche pas le chasse-neige de le remplir et de pousser l’amoncellement jusque sur la porte. Bref, un an après l’ouverture de la salle, ces travaux plombent l’enthousiasme. Ce facteur, suivi d’un vieillissement rapide de la bâtisse, conduit à sa démolition vers 1961 ou 1962.

Sans doute encouragé par les résultats de sa première salle, Germain entreprend sans tarder d’en construire une seconde du côté sud de la route. Sûrement choqué d’avoir vu la première enfoncée dans le paysage par la voirie, il coule de hautes fondations — dont les ruines sont toujours visibles — sur lesquelles il élève une charpente rectangulaire coiffée d’un toit pentu. Le passant a besoin de relever la tête pour bien apprécier l’ensemble. Un escalier d’au moins une douzaine de marches sur la face nord conduit à une large galerie. L’aménagement intérieur s’apparente à celui de la salle d’origine, mais les sièges, bien que de nouveau en bois, sont individuels cette fois-ci. Pour les travaux de construction, il compte une fois de plus sur la collaboration de son père et de ses frères; à souligner qu’en vertu de la sociabilité qui prévaut à cette époque, des hommes lui donnent aussi une journée de travail dans l’esprit des corvées d’antan.

De quoi est faite la programmation à partir de 1962, année présumée de l’ouverture de cette salle? Aucun document ne permet d’en témoigner. Selon le souvenir des uns et des autres, dont le mien, plusieurs films mettant en vedette Elvis Presley se succèdent à l’affiche. On voit aussi des Zorro, des Tarzan et diverses comédies. Il se peut bien que l’accès aux films pour les propriétaires en région ait changé puisque le monde de la distribution bouge beaucoup. Des spécialistes observent de plus une baisse de la qualité moyenne du cinéma hollywoodien20, ce qui explique notamment qu’un petit nombre de films de cette époque […] ont résisté à l’épreuve du temps21 de l’avis des cinéphiles.

Bien qu’elles ne soient pas forcément de meilleure tenue, certaines séries marquent nos mémoires d’adolescents : on se souvient de Congo Bill, adaptation d’un « comics » — ces petits livres à 0,10 $ sous forme de bande dessinée —, de Jim la Jungle, une BD portée à l’écran et mettant en vedette Johnny Weissmuller ou encore de Guillaume Tell. Dans bien des cas, elles sont présentées en anglais. D’ailleurs, pour les jeunes qui y assistent le samedi, la projection du dimanche est gratuite, car la programmation n’est désormais plus offerte que deux jours semaine. Germain se charge de dire aux flos qu’ils doivent sortir avant le début du long-métrage. Les tournées d’artistes et du burlesque ne sont plus à la mode. La télévision montréalaise, qui diffuse depuis 1952, leur propose de nouveaux débouchés.

Qu’à cela ne tienne! Un spectacle de talents locaux s’organise, violon, guitare, gigue, chanson, et prend l’affiche vers le temps des fêtes. Certains se souviendront qu’à l’occasion de « Travaux divers », aux environs de 1963–64, un groupe comprenant notamment Roland, Pierre et Georges Boucher, sans doute inspiré par Les Baronets, s’improvise et que Jocelyn les baptise Les Gras durs. Ils jouent sur la scène du Théâtre Blanchette leur seule représentation publique qui leur apporte les 10 minutes de gloire auxquelles tout le monde rêve… mais pas tout à fait éternelles.

Heureusement que l’on s’amuse, car l’avenir s’assombrit pour le cinéma. La télévision, qui a déjà raréfié le public là où elle diffuse, arrive à Manche-d’Épée neuf ans plus tard. Tout le monde la veut, y compris Germain, qui aime le hockey, sauf qu’il ne soupçonne peut-être pas les répercussions qu’elle aura sur la fréquentation des films. Est-ce qu’un regard sur l’évolution de l’exploitation au Québec au cours des années récentes aurait tempéré son ambition de construire une seconde salle?

Le vent de découverte qui propulse la télévision se compare à celui qui portait le cinéma à la fin des années 1940. Je me souviens que mes parents rapportèrent un téléviseur à l’occasion d’une visite chez un oncle de Sorel, au début des années 1960. Mon père a tout essayé, une antenne dans les mains, monté sur le toit de la maison, pour capter les ondes. La montagne représentant un obstacle trop élevé, on se rend à l’évidence que la solution consiste à installer l’antenne sur la montagne et à diffuser le signal hertzien au moyen d’un câble. La câblodistribution locale trouve ses origines à l’extrémité de la rue de la Rivière, sur la côte derrière chez Joachim Fournier, à l’époque. En 1963, un technicien venu de Murdochville, dénommé Ted (Teddy) Coleman, met au point (grâce à une multitude de gesticulations et de mimiques, car il ne disait pas un mot de français) l’installation et effectue les branchements aux gens qui désirent se prévaloir de ce nouveau service. Joachim et lui parcourent la zone, un téléviseur dans le coffre de la voiture, pour détecter les ondes. C’est Alphéda Pelchat, la femme de Joachim, qui se charge de percevoir les abonnements. C’est aussi chez elle que le système est rattaché au réseau électrique. Certains se souviennent de lui avoir téléphoné pour qu’elle n’interrompe pas le courant en allant au lit et qu’elle n’oublie pas de le rétablir le matin. Par la suite, le « câble » est vendu à Clermont Gaudin de Mont-Louis, puis à Robert Lebreux de Grande-Vallée jusqu’à ce que COGECO le reprenne. Les pannes de service ou la « neige dans l’écran » enragent bien des téléspectateurs dans ces années du début.

Mais ses effets les plus négatifs se font sentir sur la fréquentation du cinéma, comme c’est le cas partout ailleurs. Alors que la moyenne québécoise se situait à 14,3 entrées par personne en 1952, elle n’est plus que de trois entrées par habitant en 1969. Inutile d’effectuer un long calcul pour comprendre qu’à ce rythme, la rentabilité disparaît; la meilleure illustration se résume dans le fait que le nombre de salles a aussi diminué d’environ un tiers : les 451 salles de 1954 ne sont plus que 323 en 196622. Si cela est vrai pour les centres populeux, a fortiori cela se révèle sans issue lorsque la clientèle est restreinte comme à Manche-d’Épée.

Sur le plan familial, Germain et Aurélie ont eu 10 enfants, dont deux sont décédés, entre 1948 et 1963 — Andréa, Pierrette, Paulette, Guy, Yves, Ann, Noël et Line constituent la lignée. La santé de leur mère décline et Aurélie meurt le 31 juillet 1968, à l’âge de 40 ans. C’est aussi vers cette date que Germain, se rendant sans doute à l’évidence comme plusieurs que l’aventure du cinéma ne peut se poursuivre dans les conditions dans lesquelles son exploitation se déroule, et comme il l’a vu tant de fois dans les films, se rend compte que le mot FIN s’impose aux activités de l’entreprise.

Au générique, en bref

La plupart des gens qui résident actuellement à Manche-d’Épée ont l’âge d’avoir des anecdotes à raconter sur l’un ou l’autre film qu’ils ont vus au cinéma local et qui les ont marqués. Impressionné par Marina Vlady, mon père a voulu que l’une de ses filles porte son prénom. Pour ma part, je me souviens très précisément de la bande-annonce de la série Jim la Jungle23.

En terminant cet article, je me demande si la présence d’une salle au village durant ma jeunesse n’a pas influencé certains choix d’études et professionnels : après avoir suivi des cours de cinéma au collège et à l’université, puis abondamment fréquenté les ciné-clubs, j’ai plus tard passé 20 ans à l’Institut québécois du cinéma et à la Société de développement des entreprises culturelles, où j’ai eu le plaisir de travailler avec des artisans et des vedettes de l’industrie. Outre la salle, je reconnais qu’à l’adolescence, j’ai aussi visionné beaucoup de films à la télévision, à commencer par ceux présentés à l’émission Images en tête de Radio-Canada, ce qui a pu susciter chez moi une fascination pour les images animées.

Remerciements:

Je remercie Yvette Blanchette et son fils Mario Lévesque de leur collaboration ainsi qu’Ernest Boucher, Huguette Boucher, Benoit Lepage, Georges Fournier, Odette Boucher et Denis Pelchat dont les renseignements ont été rassemblés par Blandine Mercier, de même que Thérèse Bond, Yves Lever, Jocelyn Boucher, Marie et Hélène Fournier.

Je remercie Marlène Clavette pour la révision de texte.

Notes et références:

1. Pierre Pageau, Information donnée au bas d’une photo à l’onglet « carte interactive » sur le site Le cinéma au temps du parlant (consulté le 3 août 2017) http://www.cinemaparlantquebec.ca

2. Mario Mimeault, Ginette Roy, Émery Dumaresq (2006), Rivière-au-Renard, Histoire et patrimoine, Groupe beau village de Rivière-au-Renard, p. 104-105.

3. Pierre Pageau, « Cinémas d’après-guerre » dans Continuité, no 129, été 2011, p. 41. (consulté le 3 août 2017) https://www.erudit.org/fr/revues/continuite/2011-n129-continuite1812835/64383ac/

4. Yves Lever (1995), Histoire générale du cinéma au Québec, Montréal, Boréal, p. 35.

5. Op. cit., p. 44.

6. Cité dans Yves Lever (1995), Histoire générale du cinéma au Québec, op. cit., p. 70

7. Yves Lever (1995), Histoire générale du cinéma au Québec, op. cit., p. 120.

8. Jean-Marc Larue, « Le burlesque québécois : l’avant-garde version “peuple” », dans Jeu : revue de théâtre, no 104, (3), 2022, p. 87-88. (consulté le 3 août 2017) https://www.erudit.org/fr/revues/jeu/2002-n104-jeu1109687/26408ac.pdf

9. Op. cit., p. 90.

10. Op. cit., p. 89

11. Jean-Cléo Godin, « Le burlesque au Québec – un divertissement populaire », dans Jeu, no 23, 1982, p. 159, (consulté le 3 août 2017) https://www.erudit.org/fr/revues/jeu/1982-n23-jeu1066880/29403ac/

12. Pierre Pageau, « Cinémas d’après-guerre », op. cit., p. 44.

13. Yves Laberge, « Le cinéma au Québec : une certaine image de nous-mêmes » dans Cap-aux-Diamants, no 89, printemps, 2007, p. 40. (consulté le 3 août 2017) https://www.erudit.org/fr/revues/cd/2007-n89-cd1044971/6914ac.pdf

14. Joseph Lemieux, « La Coopérative d’Électricité de Gaspé-Nord », dans Magazine Gaspésie, vol 46, no 2, (163), automne 2008, p. 30-32.

15. Yves Lever (1995), Histoire générale du cinéma au Québec, op. cit., p. 121.

16. Op. cit.

17. Op. cit., p. 36.

18. Firmin Létourneau, « La côte nord de Gaspé » dans Revue d’Histoire de la Gaspésie, vol III, numéro IV, octobre-décembre 1965, p. 32-33.

19. Yves Lever (1995), Histoire générale du cinéma au Québec, op. cit., p. 123.

20. Op. cit., p. 214.

21. Op. cit.

22. Op. cit.

23. Voici la bande-annonce : http://www.dailymotion.com/video/xj3msz

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