Jour d’anniversaire

Publié le 12 juillet 2016.
Quelque peu écrit à la manière d’une chronique journalistique, le ton de cet article rompt avec celui des précédents : il rapporte un événement d’actualité, la fête marquant l’anniversaire du village. Pour cette raison, il se trouve au cœur même de la raison d’être de ce site.

La fête

Le vendredi 24 juin 2016, la population de Manche-d’Épée était conviée aux célébrations marquant le 150e anniversaire de la fondation du village. La fête a rassemblé plus d’une centaine de personnes qui ont assisté au dévoilement d’un monument à la mémoire des pionniers et procédé à l’inauguration d’un nouveau parc à proximité de la grève où fut allumé le traditionnel feu de la Saint-Jean.

En présence du doyen de Manche-d’Épée, M. Roland Pelchat, 94 ans, et du maire Joël Côté, la présidente du Comité de développement, Claire Boucher, a pris la parole pour remercier les gens de leur présence, elle a félicité l’ensemble des bénévoles pour leur contribution à l’organisation de l’événement et à l’aménagement du parc, et souhaité une joyeuse Fête de la Saint-Jean. Le maire, accompagné des conseillers Albini Fournier, Sylvie Langlois, Jean-Marc Desroches et Mathieu Patterson, s’est réjoui que la fondation du village soit ainsi soulignée à l’occasion des célébrations du centième anniversaire de la création de la corporation municipale et que les trois villages qui la composent cohabitent à leur rythme. Il reconnaît la fierté de la population et se félicite de ce moment de solidarité.

Invitée à témoigner au nom de toutes et de tous du chemin parcouru depuis l’arrivée des pionniers, Pascale Déry, enseignante, a su retracer en quelques lignes l’histoire locale. Elle a évoqué les temps difficiles qu’ont connus les familles fondatrices à une époque où il était pénible pour chacune d’assurer sa subsistance. Elle a rappelé la serviabilité et l’entraide en vertu de laquelle on ne laissait pas son voisin dans le pétrin. Le village a souvent vu les siens partir au fil de son histoire jusqu’à ses plus récentes générations. Sur un ton rassembleur, elle a parlé de la vie de ce poste de pêcheurs où les gens ont su être imaginatifs et travailleurs, ce qui ne les empêchait pas de jouer des tours et de faire la fête. En somme, elle a trouvé les mots pour résumer l’esprit de ce siècle et demi passé et pour formuler ses espoirs envers l’avenir.

Le dévoilement du monument

Après en avoir parlé depuis des semaines, le moment était venu de dévoiler le monument érigé pour célébrer l’histoire du village, sa population et la légende à l’origine de son nom. C’est alors que M. Roland Pelchat, de la quatrième génération des descendants du fondateur René dit Irénée Pelchat, s’est avancé pour le dévoilement de l’œuvre en compagnie de son auteur, Stéphane Béland.

L’œuvre dont il est question est une magnifique épée dressée, selon un angle de 10 degrés, sur un socle ovale; elle représente ce manche, cette poignée retrouvée sur la grève par le fondateur à l’époque où il est venu s’installer dans l’anse avec sa famille et les autres qui sont arrivées à sa suite.

L’épée, longue de 2 m et pesant quelque 100 kg, est faite d’acier inoxydable. Le socle blanc immaculé dans lequel elle est plantée, comme l’Excalibur du roi Arthur dans sa pierre, a été découpé dans une pale d’éolienne en partie enfouie dans le sol. Les lignes de cette section de pale rappellent vaguement celles d’une barque qu’on aurait tirée sur la berge. L’équilibre entre les parties socle et épée procure au monument une harmonie qui s’intègre bien dans le paysage. L’ensemble est sobre et il ne lui manque rien. Une composition qui suscite la fierté et qui mérite à son auteur des félicitations.

Le morceau d’éolienne a été offert par l’entreprise Cartier énergie éolienne qui exploite l’un des plus grands parcs de ce type au Québec sur les montagnes où se trouvent nombre des lacs au sud de Manche d’Épée. L’acier qui entre dans la fabrication de la sculpture est un don de Groupe Bouffard. Stéphane Béland a, quant à lui, pu compter sur la disponibilité d’un atelier offert par Mathieu Patterson.

L’inauguration du parc

L’autre découverte que la population locale et les invités ont pu faire est celle des aménagements bâtis dans cet espace vert dont l’existence sera désormais associée au 150e anniversaire de Manche-d’Épée. En effet, le terrain appartenant à la municipalité est devenu un parc de détente à l’est de la halte routière. Outre le monument commémoratif, on y trouve maintenant des balançoires qui sont à la disposition des randonneurs et des touristes. Trois chaises pouvant accueillir deux ou trois personnes chacune sont suspendues à une structure élégante. Leur positionnement permet d’admirer la mer et en particulier les couchers de soleil uniques à cet endroit.

Comme l’a remarqué Claire Boucher, l’aménagement du parc est le résultat du travail bénévole de plusieurs personnes qu’il revient de nommer. Que ce soit pour l’installation du monument ou pour la construction des balançoires, signalons le rôle qu’a joué Ernest Boucher dans le pilotage des travaux, en compagnie de Jocelyn Boucher, travaux auxquels ont participé Guy St-Pierre, Sylvain Boucher, Donald Côté, Pierre-Paul Bond, Georges Patterson, et Arlette Fortin. À remarquer que les sièges des balançoires ont été fabriqués par Gaétan Michaud tandis que Daniel Charron s’est chargé de la finition. Tout comme il y a lieu de souligner la contribution de Jean-Yves Fournier à l’animation musicale, le goûter préparé par Claire avec l’aide de Patricia Brousseau, les commandites offertes par l’hôtel Du Rocher et une vidéo souvenir mise en ligne sur You Tube par René Bélanger. Voisin du parc, Joachim Roy a fourni l’électricité.

Enfin, notons qu’à l’initiative de Jocelyn, appuyé par le Comité de développement, le village a, pendant quelques jours, été pavoisé de ballons que l’initiateur, un habitué du porte-à-porte pour les causes caritatives, s’est empressé de distribuer à chacune des maisons. Toujours à son initiative, la soirée de commémoration de l’anniversaire de Manche-d’Épée s’est progressivement transformée en une célébration de la Fête nationale des Québécois lorsqu’on a allumé le feu de grève de la Saint-Jean. Au terme de cette soirée, on pourrait croire que la municipalité vit tous les jours dans une atmosphère de sérénité et d’harmonie.

Finalement…

Il reste à faire en sorte que le parc soit identifié à ce qui le caractérise désormais, à savoir qu’il est le lieu où s’est déroulée la commémoration du 150e anniversaire de Manche-d’Épée; une information incluant des éléments signalétiques sur l’origine du manche, représentée par la sculpture, et une description de son environnement historique complèterait judicieusement l’ensemble.

Ainsi que le souhaitait Pascale Déry à la fin de son texte, espérons qu’ils soient nombreux dans 50 ans à se réunir pour fêter le 200e anniversaire de Manche-d’Épée, des gens forts et debout devant leur monument, unis et solidaires, et que les articles et les photos rassemblés sur ce site les aident à remonter le cours de leur mémoire.

 

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