Au champ d’honneur

Publié le 9 janvier 2017 - Dernière modification le 10 janvier 2017.
 

Je pense à ma famille, à mon père qui avait de bien bonnes raisons finalement de ne pas avoir été enchanté de ma décision de m’enrôler. Je pense à mon passé… Aurais-je un avenir ?

Calepin d’espoir Danielle Dufresne, Émilien Dufresne

Paul Ouellette désire changer de vie et l’armée du Canada lui en offre l’occasion lorsqu’elle lance un appel aux volontaires. À son jeune âge, sans l’accord de son père, à l’instar de nombreux autres Gaspésiens, il part vers le monde de la guerre dont il ne soupçonne pas la dureté. Tout comme les cinq frères Côté de Rivière-Madeleine (Paul-Émile, Yvon, Adrien, Camille et George A.), pour donner un exemple marquant, il s’enrôle afin de combattre en Europe avec les Alliés dans le conflit déclenché par les nazis. C’est pour lui une façon de s’émanciper, de se trouver un emploi et de vivre l’aventure. Il n’imagine certes pas l’horreur qui l’attend à Bernières-sur-Mer, ce matin du 6 juin 1944, au moment où il prend part, avec le Régiment de La Chaudière, au débarquement de Normandie. Son parcours s’arrête à Rots.  

L’armée, la solution pour partir

Paul Ouellette s’enrôle comme volontaire dans « l’armée active du Canada » le 17 août 1940. Il a 22 ans. Une décision qu’il prend, à peine deux mois après l’adoption de la Loi sur la mobilisation des ressources nationales par le Parlement d’Ottawa, le 21 juin 1940. Avec la reddition de la Belgique et de la France, la situation sur le front européen oblige le gouvernement canadien à une action pressante en faveur d’un effort de guerre efficace, car lorsque l’Europe tente de s’opposer aux déferlantes nazies, le Canada ne compte tout au plus que sur 4500 soldats de métier, tous grades confondus1 .

L’appel est bien entendu en Gaspésie, puisqu’on évalue à plus de 4000 le nombre de volontaires de la péninsule enrôlés dans l’armée régulière lors de ce conflit2 . D’après les recruteurs, les jeunes hommes le font par goût de l’aventure, par sens du devoir ou pour échapper au chômage.

Selon ce que nous en savons, les motivations de Paul ressemblent à celles des autres soldats. On dit de lui qu’il manifeste en effet un esprit d’aventurier, qu’il fait montre de fierté et se satisfait mal de sa vie de journalier qui va d’un petit emploi à un autre; il veut se démarquer, gagner de l’argent. Son attitude provocatrice rompt avec celle d’un milieu éduqué dans le respect des valeurs de l’humilité et de la résignation, là où le principe de conformité est dominant.

Son enrôlement peut être interprété comme l’occasion qu’il saisit de changer de monde, de quitter une vie dont les perspectives d’avenir ne l’enchantent pas et d’avoir un emploi. À 22 ans, il ne mesure certainement pas toutes les incidences de sa décision. Comme l’écrit Émilien Dufresne de Pointe-à-la-Frégate dans son Calepin d’espoir, un témoignage inspiré et d’une profonde sensibilité, je devais avoir une conscience assez floue de la réalité que je venais de choisir. Probablement que mon analyse politique des grands enjeux de ce conflit devait être assez sommaire. Peut-être la fougue naturelle et la curiosité, le goût de bouger, de voyager résonnaient plus fort dans ma tête. Tuer ou être tué, je crois que cela ne m’a pas véritablement effleuré l’esprit à ce moment-là3 .

Il signe son enrôlement

C’est à New Carlisle que Paul Ouellette signe la « formule d’enrôlement » qui fait de lui le soldat matricule E 9344 du Régiment de La Chaudière. Cette signature est lourde de conséquences puisqu’elle l’engage à servir dans l’armée active du Canada, tant qu’il existera ou que l’on aura à craindre une guerre, une invasion, une émeute ou une insurrection, aussi bien pour la période de démobilisation après que ladite crise aura cessé, et, en tout cas, pour une période d’au moins un an…4. S’il lit bien cette clause, Paul mesure l’aspect contraignant de sa décision.

À sa mobilisation, le 1er septembre 1939, le Régiment de La Chaudière, que l’on surnomme les « Chauds », ne compte que 207 officiers et soldats. Grâce à l’afflux de volontaires, ses effectifs vont s’accroître considérablement. Il fait partie, avec les Fusiliers Mont-Royal, le Régiment de Maisonneuve et le Royal 22e Régiment, des quatre régiments de francophones à avoir combattu en Europe. Pour donner une idée du contingent, il se trouve, parmi les 131 000 volontaires du Québec, entre 84 000 et 91 000 francophones auxquels il faut additionner 77 000 francophones hors Québec. Ensemble, ils représentent 20,23 % de la force déployée.

Le dossier militaire de Paul Ouellette nous apprend qu’il est né le 15 juin 1918. À 22 ans, il a l’âge moyen des membres des régiments d’infanterie et, comme 96 % des membres du Régiment de La Chaudière, il est célibataire. Au moment de son départ, il fréquente bien Delvina Goupil, une institutrice qui a enseigné à Manche-d’Épée, mais leur relation tire déjà à sa fin. À noter aussi que son régiment est composé de 85 % de Canadiens français, de 98 % de catholiques, et que la majorité d’entre eux sont d’origine rurale, notamment de la Gaspésie et de l’Acadie5 .

Entre le moment de se porter volontaire et celui de partir au front, ces recrues vont devoir apprendre leur nouveau métier de soldat. Dans ce but, en septembre 1940, le Régiment de La Chaudière quitte le Québec pour le Nouveau-Brunswick, la petite ville de Sussex est choisie comme destination première6 . Les journées qui suivent sont consacrées à l’entraînement au tir et au combat. Paul ayant la réputation d’aimer le tir à la carabine, activité qu’il pratiquait quand il était au village, ne peut que se réjouir de cet aspect de sa préparation. Son dossier nous révèle que l’examen médical qu’il a passé, le 17 août 1940, le déclare en si bonne santé qu’il peut être classé dans la catégorie A7. Même les meilleurs ne sont pas à l’abri de la maladie : toujours dans son dossier, nous découvrons qu’il passe trente-cinq jours à l’hôpital l’année suivante, du 14 avril au 19 mai, victime d’une bronchopneumonie. Peu après, en juillet, il obtient une permission pour se rendre dans sa famille où il est déjà venu à quelques reprises.

La famille

En quelle année les Ouellette arrivent-ils à Manche-d’Épée? Nous ne pouvons le dire avec précision. Nous savons toutefois qu’Antoine, né en 1842, et Marie-Louise Fournier, née en 1847, se marient à Mont-Louis, le 14 janvier 18678. Souvenons-nous aussi que les familles fondatrices du village, à compter de 1866, viennent toutes de cette localité. D’ailleurs, Marie-Louise a déjà un frère et une sœur engagés dans cette aventure de pionniers : Joseph-Octave fils s’est installé avec sa femme Caroline Campion sur un lot dans les hauts de la rivière, tandis que Flore, qui la précède dans la fratrie, est venue avec son mari Johnny Campion, le frère de Caroline.

Quoi qu’il en soit, vers la fin du 19e siècle, Antoine et Marie-Louise construisent leur maison dans le centre est du village, du côté nord de la route, au milieu d’un pré qu’ils ont dû défricher, et qui se termine sur le bord d’un escarpement longeant le golfe Saint-Laurent, un golfe dont l’infinitude nous oblige à l’appeler la mer, l’autre rive demeurant invisible.

Leur maison est composée de deux parties : dans la première, le rez-de-chaussée avec salon, salle à manger, deux chambres et un escalier qui conduit vers d’autres chambres à l’étage. La seconde partie, plus petite, que l’on appelle aussi « cuisine d’été », comme dans de nombreuses maisons québécoises, sert essentiellement aux travaux domestiques, y compris la préparation des repas. On descend deux marches pour passer de l’une à l’autre. Là, on remarque la table placée devant une fenêtre à petits carreaux de laquelle on voit la mer éloignée d’à peine 50 mètres. La présence d’un puits en pleine terre surmonté d’une manivelle pour le récipient, d’une trappe qui ferme le trou à patates ou encore d’une étagère basse, dit le « banc des seaux », lesquels sont utilisés pour nourrir le bétail, témoigne de l’époque et de l’originalité de la construction. Un banc qui est là aussi pour les gens venus solliciter un service, non loin d’un court escalier menant au grenier. Les deux composantes de la maison sont coiffées de toits à pignon, parallèles à la route, et l’ensemble est recouvert de bardeaux de cèdre grisés par le temps et les intempéries. Deux portes encadrées de fenêtres complètent la façade.

Le père de Paul se nomme Wilfrid. Il est assez probable qu’il naisse dans cette maison, en 1888. Selon ce que nous en savons, il est le benjamin de la famille. Le 13 août 1913, il épouse Émilia Fournier, née en 1890, fille d’Eugène qui arrive au village en 1869, à l’âge de 18 ans, avec son père Florent, l’un des fondateurs.

Comme on le faisait fréquemment à l’époque, Antoine se « donne » à Wilfrid après son mariage, ce qui signifie qu’il lui lègue son bien en échange d’une promesse d’hébergement pour Marie-Louise et pour lui-même jusqu’à leurs derniers jours. Antoine décède en 1921. Sa maison de bois prématurément vieillie sera démolie à la fin des années 1940.

Des adieux qui n’en sont pas

Wilfrid se retrouve donc propriétaire d’un lot qui va de la mer au fronteau, soit la ligne de partage des propriétés privées et des terres publiques, comme c’est la règle pour toutes les terres du village. Du côté nord de la route où s’élève la maison, le terrain se termine vers l’est non loin de l’anse à Joseph Pelchat par-delà laquelle son beau-frère, Édouard Fournier, s’est installé. À l’ouest, Wilfrid cède une parcelle sur laquelle est construite la nouvelle école inaugurée en 1927, école où Paul complète son cours primaire. Au sud, une clôture de pieux longe la route et marque la limite du pacage entourant les bâtiments de ferme, puis à l’arrière se dresse sa « terre à bois » qui occupe les premiers contreforts des Appalaches. L’agriculture est son activité principale.

Les parents de Paul ont des personnalités mémorables : sa mère, Émilia, est une femme rieuse, toujours de bonne humeur, de celles que l’on qualifie volontiers de « bonnes personnes ». Son père se révèle de son côté un homme plus paradoxal. Il a la réputation d’être généreux, celui qui se départit facilement de ses biens quitte à les racheter par la suite. Il donne aussi à sa collectivité en étant maire de la municipalité de Madeleine (qui comprend le village de Manche-d’Épée) de 1917 à 1919; plus tard, dans les années 1930, on le retrouve secrétaire du Conseil à l’époque où mon grand-père Arthur Bond est maire. Ma mère se souvient de sa plume qui « griche » sur le papier lors des séances tenues chez ses parents. À la fondation de la Caisse populaire de Sainte-Madeleine, le 5 octobre 1937, il est nommé au Conseil de surveillance9.

Par opposition, il peut aussi paraître un homme rigide et cérébral, peu attentif à sa famille. Il a un amour inconsidéré des animaux, principalement des chats et des chevaux.

Paul est le troisième des huit enfants, l’aîné des garçons. Jusqu’à son enrôlement dans l’armée, il a toujours vécu chez ses parents. S’il a peu connu son grand-père Antoine, il est témoin du décès de sa grand-mère Marie-Louise, surnommée madame Ti-Ouane, au début de l’année 1940. Comme le font les garçons de la péninsule, il aide son père aux travaux agricoles et forestiers, ainsi qu’à la pêche à la morue à l’occasion. Lorsqu’une possibilité se présente, il accepte à gauche et à droite un emploi temporaire, ce qui explique qu’il répond « journalier » quand l’armée lui demande d’indiquer son « métier ou sa profession ».

Un jour de l’été 1940, il annonce à son père sa décision de s’enrôler comme volontaire. La réaction de Wilfrid est si vive que la tension monte entre les deux hommes; Salomée, la benjamine qui a 10 ans, juge prudent de courir à l’étable afin d’en informer sa mère qui trait les vaches. Émilia réussit à calmer les esprits, mais cela ne change rien à la décision de Paul.

Un an plus tard, le voici de retour à la maison et fier de se montrer au village dans son habit de soldat, village qui compte environ 225 habitants à cette date. Celui qui a dressé Fanfan, la jument de son père, à sauter les clôtures de pieux, prend plaisir à remonter la route nationale comme un cavalier prêt au combat. Son statut de militaire correspond à la réussite qu’il espérait.

Pour Salomée, son grand frère est l’homme le plus doux et le plus gentil qui l’emmène partout sur sa bicyclette, son héros. À ses yeux, il n’est que bonne humeur, rires et affabilité; elle l’aide à frotter les boutons de son uniforme sans se douter que cette permission puisse être la dernière. Sans nul doute conscient du fait que les siens désireront suivre les reportages des correspondants de guerre, il fait cadeau à ses parents d’un poste radio. Il ne dit cependant à personne qu’il partira sous peu outre-Atlantique.

L’Angleterre en guerre

De retour au camp, le moment est venu de rassembler ses choses, car le départ pour l’Europe a finalement lieu le 21 juillet 1941. Le régiment est embarqué à Halifax, à bord du HMT Strathmore; il accoste en Écosse (Greenock) après neuf jours de traversée10. C’est à cet instant que la guerre commence véritablement pour le soldat (« Private » selon le terme anglais) Ouellette. Il serait faux de croire que les années en Angleterre se passent à attendre le débarquement. D’abord, le pays est soumis aux attaques ennemies et chaque militaire sur le territoire est appelé à servir. Pour les Gaspésiens habitués aux paysages bucoliques de [leur] Québec rural, l’Angleterre, terre d’accueil, témoigne plutôt de l’horreur des récents bombardements allemands11. Il faut retenir que les ports sont détruits, que l’arsenal militaire est largement en ruine et que les dégâts matériels sont importants dans les villes : la plupart ont été soumises aux raids massifs et répétés de la Luftwaffe au cours des années 1940 et 194112.

L’entraînement se poursuit pour le Régiment de La Chaudière. Axé tout d’abord sur la défense dans le contexte qu’il découvre à son arrivée, celui-ci se transforme dans le sud-est de l’Angleterre où alternent les pratiques à la guerre d’assaut et les exercices de surveillance des côtes en cas d’éventuelles invasions13 pour progressivement s’orienter vers l’offensive et l’endurance. Plus tard, les gars de La Chaudière sont soumis à un programme soutenu. Comme l’écrit Émilien Dufresne, à Inverness, en Écosse, c’est vraiment de plus en plus sérieux et intense […] nous passons nos journées à ramper et à tirer dans le but de nous habituer à toutes sortes de terrains et de situations14.

Les lettres

Paul prend le temps d’écrire à sa mère. Sans doute lui raconte-t-il le déroulement de ces mois vécus à la dure où l’on fait de lui un soldat d’élite. Est-il toujours en accord avec son choix, lui arrive-t-il de le remettre en question et de se dire qu’il serait mieux à Manche-d’Épée?

La situation serait sans doute différente au village, mais elle comporterait là aussi sa part d’inquiétude. Si la reddition de la France, en juin 1940, a pu favoriser l’enrôlement de volontaires, il ne faut pas oublier qu’à cette date les autorités britanniques et canadiennes conviennent de profiter des qualités défensives et de mouillage de la baie de Gaspé pour aménager à Sandy Beach, la base navale Fort-Ramsay, en vue d’y abriter, si nécessaire, une partie de la flotte britannique15. Nos parents et nos grands-parents nous ont parlé des U-Boote nazis, des torpilles tirées dans les caps, de l’obligation de masquer les fenêtres au nord et les phares des voitures la nuit.

Émilia en parle-t-elle à Paul dans ses lettres? Elle lui répond assidûment et c’est à la petite Salomée qu’elle confie le soin d’adresser l’enveloppe, lui reconnaissant une plus jolie « main d’écriture ». Peut-être rapporte-t-elle à son fils des faits qui, après coup, feront dire aux historiens que la bataille du Saint-Laurent, remportée par les Allemands, fait rage dans le golfe et le long des côtes gaspésiennes de 1942 à 1944 et se solde par le torpillage de 21 navires dont 17 coulés et la perte d’environ 372 vies humaines16.

De son côté, le soldat Ouellette semble fidèle à son objectif d’améliorer sa condition professionnelle; il n’est pas le seul chez les militaires, car on apprend que beaucoup d’entre eux rêvent de devenir mécaniciens17 et que Paul prend les moyens pour y parvenir : dans son dossier apparaît un Certificate of Trade Proficiency (certificat de compétence d’une école de métiers) délivré par Graham Bros. Ltd. de Manchester, le 25 mars 1943. Ce certificat lui est accordé pour avoir réussi le test suivant : « Motor C/Fitter M.V. ». Si cette compétence doit en premier lieu être mise au service de l’armée, il a sûrement des projets pour l’après-guerre.

Ses fréquentations avec Delvina Goupil n’ayant pas survécu à son départ, celle-ci, de 13 ans son aînée, épouse Roland Desroches, le 19 mai 1943. De toute évidence, Paul a non seulement des ambitions professionnelles, mais aussi des projets amoureux dont il s’ouvre à sa mère et par conséquent à sa famille lorsqu’il glisse dans une enveloppe une photo de Greta Moret, sa nouvelle « amie de cœur ». Qui est-elle? Secret d’histoire, les renseignements la concernant n’ayant pas traversé les décennies. Elle a été attirée par le charme de ce Gaspésien blond aux yeux bleus, teint clair, de 5 pi 5 po (1,65 m), 140 livres (63,5 kg), comme le révèle son certificat médical. Le patronyme Moret nous permet de spéculer sur une origine francophone, belge, suisse ou française. C’est peu à son sujet. Dans la famille Ouellette, une rumeur a un temps circulé selon laquelle le couple aurait eu une fille, une rumeur demeurée en l’état.

En 1943, les autorités intègrent le Régiment à une brigade d’infanterie qui donnera l’assaut en Normandie, pendant que les hommes poursuivent leurs préparatifs. En avril 1944, revenu à Southampton, on commence à entendre parler de débarquement. […] Ils nous donnent même un nom de code : OVERLORD18, dit Émilien Dufresne. Dans un entraînement toujours plus astreignant, en plus de manipuler les engins de guerre, le soldat apprend à scruter les terrains, remarquer le moindre objet; l’emplacement de chaque arbre et de chaque pierre doit être retenu. Il y a aussi des mines, dangereuses mangeuses d’hommes19 qu’il doit savoir détecter devant lui, demeurer attentif à tout ce qui l’entoure.

Le soir du 5 juin 1944, le commandant annonce la grande nouvelle à ses hommes : le Jour J, c’est demain.

« C’est maintenant que la réalité dépasse la fiction20»

Le 1er juin, à Southampton, les hommes commencent à monter sur les bateaux. Chacun se voit remettre des rations, une ceinture de sauvetage et 200 francs français. Après une attente pendant laquelle se met en place la plus colossale entreprise militaire de tous les temps : plus de 2 millions de combattants de divers pays, 10 000 bateaux dont plus de 700 navires de guerre, 18 000 avions de combat21 et une traversée mouvementée, les hommes se réveillent à 4 h 30, le 6 juin 1944, pour embarquer dans les péniches qui les amènent à Bernières-sur-Mer, en Normandie. Vers 8 h 45, les premiers soldats du Régiment de La Chaudière arrivent dans le secteur canadien de Juno, le nom de code donné à cette portion de la côte.

Comme Émilien de la Pointe-à-Frégate, Paul s’avoue : je dois […] tenter de débarquer sur cette plage sans soleil où je sais être attendu par des combattants ennemis aussi bien préparés que moi22. Ils sont dans l’eau, l’un comme l’autre, avec leurs fusils à bout de bras. Ils avancent lentement pour éviter de se faire exploser sur des mines sous-marines comme certains de leurs malheureux compagnons. Cette plage, qui est pourtant si près, ils doivent y parvenir dans leur uniforme pesant, mouillé, souillé du sang de ces autres23 qu’il faut repousser pour ne pas devenir une cible à son tour. Tout est bruit, cris et ordres donnés à tue-tête. Les bombes explosent et le fracas de ces feux d’artifice, ne célébrant que l’absurdité des hommes, rejaillit autant dans nos têtes que sur ce qui reste de plage, déstabilisant les corps et parfois les esprits aussi24, ainsi que le décrit si habilement Dufresne.

Au soir du 6 juin, maintenant que son unité a atteint ses objectifs, Paul a-t-il un moment de répit, malgré que des francs-tireurs continuent de faire siffler des balles autour de lui, pour penser à sa famille, à sa mère dont il a hérité le caractère et la physionomie, à son frère, à ses sœurs, à la petite dernière qui astiquait ses boutons, à son père qui donne à Fanfan de l’avoine à volonté? Même aux instants les plus lucides de sa préparation, avait-il imaginé que la guerre est cette plaie vive de cruauté humaine? Il ne sait pas, à cette même heure, que son régiment, sous les ordres du lieutenant-colonel Paul Mathieu, a perdu 150 hommes, dont 15 sont morts au combat, les autres étant blessés ou prisonniers, des prisonniers dont fait partie Émilien Dufresne.

Libérer la Normandie

Pourtant, il faut continuer, si bien qu’entre le 7 et le 11 juin, le régiment se déplacera vers le sud en empruntant Colomby sur Thaon, Fontaine-Henry et Barbière, Bray puis enfin Rots25. Cette progression dans le bocage normand, une succession de boisés et de champs de petite dimension enclos par des haies et des arbres, représente un risque perpétuel, car l’ennemi trouve facilement à s’y dissimuler. Entre Bernières-sur-mer et Rots, il y a moins de 20 km que la troupe franchit en cinq jours. C’est dire à quel point la progression est pénible. L’un après l’autre, le Régiment libère les villages, non sans subir de fortes contre-offensives.

Le village de Rots compte environ 700 habitants au moment de la guerre. Pour dire son âge, on affirme qu’il fut le théâtre de la découverte de la plus ancienne trace de civilisation dans le Calvados. Une nécropole du néolithique ancien constituée de longs monuments funéraires datant de 4000 ans av. J.-C.26. Ce qui précède a pour but de mettre en relief le fait que les gars de La Chaudière, venus du Nouveau Monde, dont l’âge se situe en majorité entre 20 et 24 ans, n’ont probablement pas conscience de ce qui les entoure. Paul, né dans un village qui a 78 ans en 1944, habitué aux clôtures à claire-voie, se trouve possiblement dérouté lorsqu’il longe les murs de pierres qui donnent aux alentours de l’église de Rots un effet de labyrinthe.

Rots est un lieu stratégique parce qu’il se situe à 5 km de l’aéroport de Carpiquet, qui fera l’objet de l’une des conquêtes les plus meurtrières de la bataille de Normandie, et à quelque 10 km de Caen, l’un des objectifs premiers des Alliés lors du débarquement.

Le 11 juin

C’est le samedi 10 juin que les premières rumeurs sur la présence des Anglais et des Canadiens dans le village circulent : ils gagnent du terrain au nord de Rots, pas loin de l’église27, disent les bruits qui courent. Le dimanche 11 juin, tout le haut de Rots est sous les obus, beaucoup de maisons ont été touchées28, rapporte un témoin, Christian Leménicier, qui, à 17 ans, rédige une chronique de son été brûlant. Il écrit, à partir de cinq heures et demie, les choses vont de mal en pis. Au bruit du canon se mêlent maintenant les claquements des fusils, des grenades, des mortiers peut-être, le tir puissant des fusils mitrailleurs et des mitrailleuses. Un peu plus tard, nous entendons un sourd grondement, des bruits de moteurs, des chars probablement qui s’approchent, puis sont là, tout près, sur notre chemin semble-t-il29. Les combats se poursuivent toute la nuit.

Ce dimanche, quatre soldats du Régiment de La Chaudière tombent au combat dans le chemin dit de la Cavée, là où se dresse aujourd’hui la « stèle des Canadiens », qui commémore la mémoire des libérateurs. Le 11 juin 1944, ce sont Alfred Desmeules, de Limoilou, 38 ans, Jacques Desjardins, 22 ans, Roger Legendre, 26 ans et Jean François Richard de Hull, 21 ans30, tout comme 22 soldats du 46e Commando des Royal Marines britanniques, neuf soldats du Fort Garry Horse, un régiment blindé canadien, qui périrent ensemble pour libérer Rots et l’Europe. Ce même dimanche, l’église du village subit de lourds dégâts : le clocher et une large partie du toit sont touchés.

Le 12 juin

Devant la poussée conjointe des régiments alliés, les Allemands reculent, bien que la ligne de front ne soit pas sécurisée pour autant. Il faut effectuer des retraits stratégiques. Le 12 juin, une patrouille canadienne fouille jardins, cours et maisons, […] leur chef marche en tête, revolver au poing et ouvre chaque porte l’une après l’autre. […] [Ils] distribuent ça et là quelques douceurs : chocolat, cigarettes, bonbons… Ils expliquent : « c’est nous qu’on envoie en reconnaissance parce que nous sommes des Canadiens français et qu’on parle français. » Nous pouvons lire sur leurs épaulettes : « Régiment de La Chaudière ». Ça, c’est une bonne nouvelle!31, s’exclame Leménicier qui tout au long de son livre exprime son admiration pour ces hommes. Paul est-il parmi ceux qu’il rencontre? Nous ne pouvons que poser la question. Chez les Français qui aiment classer, distinguer et catégoriser, notre langue parlée intrigue, comme elle le fait encore; le jeune chroniqueur y va d’une remarque élogieuse : leur accent, la plus belle musique que nous ayons entendue depuis longtemps, est à la fois inimitable et très proche de l’accent du pays normand32.

Toutefois, un autre bruit gronde en arrière-plan qui n’a rien d’harmonieux : la guerre se poursuit au moment où la nuit tombe et que l’artillerie reprend de plus belle, nous rappelant que rien n’est terminé33 même si l’on considère que Rots est libéré. Le ciel flambe en direction de Caen et aussi du côté de l’église34. Une journée qui a coûté la vie à un autre des « Chauds », Jean-Baptiste Lanteigne, de Caraquet en Acadie, 31 ans, mort au combat comme ses frères Arthur et Philippe, mobilisés dans d’autres régiments.

Le 13 juin

Le mardi 13 juin, l’armée s’installe partout dans le village, devant l’école, devant la poste, sur la place de l’église, les Canadiens amènent du matériel « en masse ». En masse, c’est leur expression favorite, rassurante et sécurisante…35. Les habitants de Rots sont invités à quitter le village et à se réfugier plus loin derrière les lignes. On craint une contre-offensive ennemie. Les avions de la Luftwaffe passent à l’attaque.

Ce mardi, c’est le sergent Rosaire Gagnon, 24 ans, qui tombe à son tour. Une photo du premier jour du débarquement le montre en compagnie d’un soldat allemand qui semble soulagé d’avoir été fait prisonnier. Il s’agit de toute évidence de la dernière image qu’il reste de lui.

Le 14 juin

Puis vient le mercredi 14 juin 1944. Certains habitants, comme la famille Leménicier, choisissent de revenir à Rots : Dès notre arrivée, au lavoir, sur la route de la Cavée, nous apercevons un véritable grouillement de militaires, installés partout, dans les prés et les prairies […] Ils portent sur l’épaule une plaque d’étoffe rouge à double liseré blanc : « Régiment de La Chaudière-Canada »36. Ils bloquent le sentier. Ce matin-là, le soleil de dix heures monte dans un ciel sans nuages, tout bleu, et jette sur ce tableau une trompeuse lumière de gaieté37, car si le secteur est en apparence calme, on entend des obus de temps à autre et le bruit des mitraillettes en direction de Carpiquet. C’est là que se trouvent des postes avancés qui deviennent des cibles pour les Allemands.

Les villageois aiment la compagnie des gars du Régiment, qui représente une force rassurante, malgré les risques. Ils parlent de leur pays, de sa géographie, d’un fleuve comme le Saint-Laurent, aussi grand, à son embouchure, que la mer. Ils parlent de leur famille, de leurs amis restés là-bas, si loin de l’autre côté de l’Atlantique. Les reverront-ils un jour? Ils parlent beaucoup de leur séjour en Angleterre, de leur entraînement militaire, de leur traversée de la Manche, qui les a rendus si malades, et puis de leur arrivée sur les plages, dans un enfer d’eau et de feu, la mort tout près et des blessés partout38. Ce récit nous donne à entendre des mots qui auraient pu être prononcés par Paul Ouellette lors de ses conversations avec les jeunes de Rots.

Malheureusement, ce mercredi 14 juin, sa voix se tait quand il s’écroule frappé par un éclat d’obus et une balle : il est gravement blessé la veille de son 26e anniversaire de naissance. Aussitôt, dans ces pénibles circonstances, des brancardiers évacu[ent] les blessés et les am[ènent] dans les tentes érigées derrière les bataillons pour les médecins et les infirmières du Corps royal de santé canadien39 en prévision de leur transport. Le matricule E 9344 est le septième et dernier membre de son régiment à tomber, victime de la bataille pour la libération de Rots. Ses rêves s’arrêtent ici.

Quelles sont les circonstances exactes dans lesquelles il subit ces blessures? Selon le témoignage d’un ex-compagnon d’armes nommé Trépanier, qui fait halte à Manche-d’Épée au milieu des années 1980, cet assaut meurtrier aurait surpris Paul le matin au moment où il faisait sa toilette. L’ancien militaire confie ce souvenir à sa sœur Cécile, épouse de Moïse Boucher.

Ironie ou tristesse de l’histoire, ce même jour, à quelques kilomètres de là, le général de Gaulle effectue sa première visite des territoires libérés. À lui seul, devenu symbole de la France, il est la figure du pouvoir légitime. À Bayeux, ville située à 23 km de Rots, que l’on désigne à cet instant la capitale administrative de la France libre, le gouvernement provisoire de la république exerce sa nouvelle souveraineté. Le 14 juin 1944 demeure une date à haute valeur symbolique dans l’histoire de la France. Désolante coïncidence pour le soldat Ouellette.

La mort

Les blessés sont rapatriés en Angleterre. Paul arrive à l’hôpital militaire d’Oxford, près de Londres, le 17 juin. Comme le montrent des photos ou des récits du front, il a été transporté dans des conditions précaires sur une civière à bord d’un camion de la Croix-Rouge, puis installé sur un bateau pour la traversée de la Manche avant d’être conduit à travers le sud du pays jusqu’à destination.

Comme l’apprend son père, Wilfrid, dans une lettre du 4 juillet 1944, son fils a été dangereusement blessé le 14 juin ayant reçu une blessure de balle à la tête et des blessures de fragments d’obus à l’épine dorsale et à la poitrine40. C’est dans cet état qu’il repose sur son lit d’hôpital. Est-il conscient, ne serait-ce que de courts éclairs, quels soins reçoit-il? Tout cela est laissé à notre déduction. Sa relation avec Greta Moret est-elle connue des autorités, est-elle informée de son accident? Il serait réconfortant de penser qu’elle se tient à son chevet pendant les cinq jours que dure son agonie. Il meurt le 22 juin 1944.

Deux jours plus tard, le samedi 24, l’armée expédie un télégramme à son père. Salomée le voit glisser le papier dans sa poche et, à sa mine, elle devine que la nouvelle est grave. Sans attendre, elle se lance à la course dans la grande côte, à la sortie est du village, pour se rendre chez sa sœur aînée, Jeanne, où se trouve sa mère. En entendant sa plus jeune, madame Émilia vient près de s’évanouir : elle a besoin du soutien de ses filles pour ne pas s’écrouler.

De retour à la maison, elle découvre son mari en état de choc; muet, il refuse de lui montrer le papier. La famille Ouellette étant l’une des rares à disposer d’un téléphone, Émilia appelle à la centrale de Madeleine pour qu’on lui révèle le contenu de la missive. La nouvelle se répand aussitôt dans le village et les municipalités des environs. La lettre du 4 juillet 1944 confirme l’envoi du télégramme et fournit des informations détaillées. Une deuxième lettre, datée du lendemain, et signée par l’adjudant-général, transmet à la famille les condoléances du ministre de la Défense nationale et des membres du Conseil de l’armée. Elle se termine par ces mots : nous rendons hommage au soldat Ouellette pour son vaillant sacrifice41.

Le 8 mai 1945, Salomée entend à la radio, celle que Paul a offerte à la famille, que la guerre est finie en Europe. Elle s’empresse de propager la bonne nouvelle, d’une joie toutefois voilée par le deuil, car elle sait bien que la fin de cette guerre ne lui ramènera pas « son » Paul, le héros de son enfance à jamais disparu.

Enfin, une lettre datée du 30 août 1945 signifie à la famille que les restes du soldat Paul Ouellette, matricule E 9344, ont été inhumés dans la tombe 4, rangée H, lot 54, du cimetière militaire de Brookwood, Woking, Surrey, en Angleterre42. Il serait doux de croire que Greta Moret a fleuri sa tombe.

Les parents de Paul ne lui survivent pas longtemps, tous les deux meurent encore jeunes : Wilfrid décède le 27 août 1946 à l’âge de 59 ans, tandis qu’Émilia le suit le 12 septembre 1951, à 61 ans.

Sa mémoire

Le Régiment de La Chaudière poursuit ses avancées pour la libération de la Normandie. Il participe ensuite à celle de Boulogne et de Calais en route vers les Pays-Bas. À la fin de la guerre, 212 de ses hommes sont tombés au combat et 793 autres sont blessés.

Dans le dossier du soldat Ouellette, le service des médailles de guerre 1939–45 relève les décorations auxquelles il est admissible et établit la liste suivante :

– Étoile de 1939-1945
– Étoile France-Allemagne
– Médaille de la défense
– Médaille de guerre
– Médaille canadienne volontaire43

Certaines de ces décorations lui ont été remises à titre posthume.

Le Régiment de La Chaudière produit une plaque commémorative à son nom. On peut regretter qu’une erreur de numéro matricule se soit glissée, une erreur que ne fait pas madame Salomée, maintenant âgée de 86 ans, qui se remémore sans hésitation le matricule de son frère bien-aimé.

En 1984, une cérémonie a lieu au cimetière de Madeleine en présence de Georges, son frère, et de ses sœurs Marguerite, Jeanne, Cécile et Rosa. Elle marque le 40e anniversaire de sa mort. Un monument est dévoilé. Deux vétérans de la guerre, qui ont combattu au front, messieurs Charles-Adelme Chicoine de Grande-Vallée et Alexandre Blanchette de Rivière-Madeleine ajoutent par leur présence à la solennité de l’événement. Seul bémol, la famille est profondément déçue de l’erreur sur l’inscription qui dit : « tué le 22 juin 1944 en Normandie » en particulier de l’utilisation du mot « tué ».

Enfin, dans le village de Rots, une stèle à la mémoire des soldats canadiens s’élève sur le chemin de la Cavée et une plaque honore les sept membres du Régiment de La Chaudière qui sont tombés pour la libération du village. Ce sont des combats comme celui de Rots qui incitèrent les correspondants de guerre à faire l’éloge du Régiment de la Chaudière44, écrit un ancien combattant. Chaque année, des cérémonies viennent marquer le souvenir des libérateurs. Des galeries de photos, des dossiers et des articles témoignent de la chaleur de ces commémorations. Nous leur rendons cette amitié.

Depuis l’inauguration du parc commémorant son 150e anniversaire, Manche-d’Épée possède un endroit idéal où nous pouvons plus aisément rendre hommage à nos concitoyens et concitoyennes qui se sont signalés au long de notre histoire. Paul Ouellette a donné sa vie pour la liberté et la démocratie. L’année 2018 marquera le centième anniversaire de sa naissance. Cela laisse tout le temps requis pour préparer un témoignage de qualité, comme celui dévoilé en hommage à madame Marie Bernatchez, et pour organiser une cérémonie à la hauteur des circonstances.

Remerciements:

Je remercie pour leur collaboration Salomée Ouellette et Marlène Clavette, qui a fait le lien entre nous, ainsi qu’Ernest Boucher, Roland Pelchat, Lauraine Bernier et Thérèse Bond.

Je remercie Marlène Clavette pour la révision de texte.

Notes et références:

1.  Le Régiment de la Chaudière en Normandie, p. 1 (consulté le 3 novembre 2016) http://stephane.delogu.pagesperso-orange.fr/la-chaudiere.html

2.  Jean-Marie Fallu, « La Gaspésie en guerre » dans Magazine Gaspésie, vol. 48, no 2, automne 2011, page 13.

3.  Danielle Dufresne, Émilien Dufresne (2003), Calepin d’espoir, Septentrion, Québec, p. 24.

4.  Dossier militaire de Paul Ouellette, « Formule d’enrôlement », (consulté le 3 novembre 2016) http://search.ancestry.ca/search/db.aspx?dbid=9145

5.  Commission culture comité Juno Canada Normandie, « Quatre régiments canadiens-français », mars 2011. Les données sur la composition sociale du Régiment de la Chaudière proviennent de cet article (consulté le 3 novembre 2016) http://www.comitejuno.fr/downloads/Bulletin2011.pdf

6.  Le Régiment de la Chaudière en Normandie, op. cit.

7.  Dossier militaire de Paul Ouellette, « Certificat de l’examen médical », op. cit.

8.  Les références généalogiques données dans cet article proviennent essentiellement de deux sources, soit le site suivant : http://www.nosorigines.qc.ca/genealogie.aspx?lng=fr et de : Roland Provost (sous la supervision de), Répertoires, Sainte-Anne-des-Monts, Les Éditions de la S.H.A.M. Les tomes 1 à 11 de ces répertoires généalogiques ont été publiés entre 1990 et 1993, les tomes 12 et 13 en 1996.

9.  Marcel Plamondon (1980), Notes historiques sur la paroisse de Madeleine, Madeleine, p. 95

10.  Le Régiment de la Chaudière en Normandie, op. cit., p. 1-2.

11.  Jacques Lemay, « Préface » à Danielle Dufresne, Émilien Dufresne (2003), Calepin d’espoir, op. cit., p. 8.

12.  Jacques Lemay, op. cit., p. 9

13.  Op. cit.

14.  Danielle Dufresne, « Émilien Dufresne (2003) », op. cit., p.2.

15.  Jean-Marie Fallu, op. cit., p. 12.

16.  Op. cit.

17.  Commission culture comité Juno Canada Normandie, « Quatre régiments canadiens-français », op. cit., p. 2.

18.  Danielle Dufresne, Émilien Dufresne (2003), op. cit., p. 54.

19.  Op. cit.

20.  Op. cit., p. 59.

21.  Jacques Lemay, op. cit., p. 11.

22.  Danielle Dufresne, Émilien Dufresne (2003), op. cit., p. 60.

23.  Op. cit., p. 62.

24.  Op. cit.

25.  Le Régiment de la Chaudière en Normandie, op. cit., p. 5.

26.  Rots, article d’information sur la commune dans Wikipédia : (consulté le 3 novembre 2016) https://fr.wikipedia.org/wiki/Rots

27.  Christian Leménicier (2014), La bataille de Normandie, Chronique d’un été brûlant, vu de mon village de Rots, Édité par l’Association Cocktail Culture de Rots, p. 90. Je remercie l’Association et la Mairie de Rots d’avoir gracieusement mis le livre à ma disposition pour la rédaction de cet article.

28.  Christian Leménicier, op. cit., p. 94

29.  Op. cit.

30.  Les renseignements sur les soldats du Régiment de la Chaudière tombés à Rots sont tirés du site suivant : (consulté le 3 novembre 2016) http://www.memoireduquebec.com/wiki/index.php?title=R%E2%88%9A%C2%A9giment_de_La_Chaudi%E2%88%9A%C2%AEre_-_Tomb%E2%88%9A%C2%A9s_au_combat._(guerre)

31.  Christian Leménicier, op. cit., p. 109.

32.  Op. cit., p. 110.

33.  Op. cit.

34.  Op. cit.

35.  Op. cit., p. 114.

36.  Op. cit., p. 124.

37.  Op. cit., p. 126.

38.  Op. cit., p. 133.

39.  Marilou et Martine Doyon (2012), J’ai survécu au débarquement; Germain Nault, ancien combattant, se raconte, Les éditions JCL, Chicoutimi, p. 137. Merci à Blandine Mercier de m’avoir suggéré la lecture de ce livre.

40.  Dossier militaire de Paul Ouellette, op.cit.

41.  Op. cit.

42.  Op. cit.

43.  Op. cit.

44.  Op. cit., p. 165.

Modifications

Je vous prie de noter que j’ai apporté des modifications à l’article La patinoire. 

Des photos, des documents et des renseignements se rapportant à des articles déjà en ligne ont aussi été ajoutés à l’album. 

 

 

 

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