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Patinoire familiale, de g. à d., Pierre Boucher, Michel Lepage, Hugues et Bernard Boucher, date: 1959, coll.: Thérèse Bond
Patinoire familiale, de g. à d., Pierre Boucher, Michel Lepage, Hugues et Bernard Boucher, date: 1959, coll.: Thérèse Bond

La patinoire

Publié le 1 décembre 2016 - Dernière modification le 5 janvier 2017.

La passion du patinage et du hockey qui caractérise notre culture se manifeste dans tous les villages, même les plus petits. Le désir de glisser sur des patins ou de jouer en équipe s’exprime encore plus intensément lorsque la population est jeune comme c’est le cas à Manche-d’Épée, en 1964. Pour répondre à ce besoin, des hommes sous l’inspiration d’un passionné parmi les passionnés décident de construire un centre sportif. Dès son inauguration, la patinoire devient pour une succession de générations le lieu d’exploits — plutôt imaginaires —, mais surtout la source de doux souvenirs en dépit d’inévitables engelures.

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Paul Ouellette, soldat matricule E 9344, Régiment de la Chaudière, date : vers 1941, coll. : Serge Ouellette
Paul Ouellette, soldat matricule E 9344, Régiment de la Chaudière, date : vers 1941, coll. : Serge Ouellette

Au champ d’honneur

Publié le 9 janvier 2017 - Dernière modification le 10 janvier 2017.

Paul Ouellette désire changer de vie et l’armée du Canada lui en offre l’occasion lorsqu’elle lance un appel aux volontaires. À son jeune âge, sans l’accord de son père, à l’instar de nombreux autres Gaspésiens, il part vers le monde de la guerre dont il ne soupçonne pas la dureté. Tout comme les cinq frères Côté de Rivière-Madeleine (Paul-Émile, Yvon, Adrien, Camille et George A.), pour donner un exemple marquant, il s’enrôle afin de combattre en Europe avec les Alliés dans le conflit déclenché par les nazis. C’est pour lui une façon de s’émanciper, de se trouver un emploi et de vivre l’aventure. Il n’imagine certes pas l’horreur qui l’attend à Bernières-sur-Mer, ce matin du 6 juin 1944, au moment où il prend part, avec le Régiment de La Chaudière, au débarquement de Normandie. Son parcours s’arrête à Rots.  

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Pont de la Rivière-de-Manche-d’Épée, date : 1942, photo : Olivier Desjardins, coll. : BAnQ. Il s’agit ici du premier pont construit en 1912 avant son remplacement en 1943.
Pont de la Rivière-de-Manche-d’Épée, date : 1942, photo : Olivier Desjardins, coll. : BAnQ. Il s’agit ici du premier pont construit en 1912 avant son remplacement en 1943.

Un nom pour chaque lieu

Publié le 12 février 2017 - Dernière modification le 5 septembre 2017.

Tous les jours, nous désignons les lieux que nous fréquentons par leurs noms sans, chaque fois, en interroger la signification. Suivant l’usage, nous reconnaissons un édifice, un ouvrage ou un aménagement du paysage à sa fonction, bien que les autorités adoptent normalement une appellation pour un bâtiment public, un parc ou une route en tenant compte de l’administration ou de l’histoire. Les nombreux lieudits sont nommés en puisant dans la tradition orale. Ces noms appartiennent au patrimoine des localités. En ce sens, je propose ici un recueil des toponymes de Manche-d’Épée dans le but d’en rappeler les origines, de souligner la beauté ou l’originalité de certains et, par mesure de précaution, pour éviter qu’ils s’égarent dans nos mémoires et dans le temps.  

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Maurice Lepage et son fils André devant le garage, date : 1959, coll. : André Lepage
Maurice Lepage et son fils André devant le garage, date : 1959, coll. : André Lepage

Le garage

Publié le 2 mars 2017.

Lorsque l’on parle de garage à Manche d’Épée, on pense aussitôt à la famille Lepage. Bien que l’histoire de l’entreprise traverse pas moins de six décennies, elle demeure plutôt méconnue, comme bon nombre de nos récits. Le bâtiment blanc et rouge occupe la même place au milieu du village depuis plus de soixante-dix ans, sauf que l’aventure a commencé ailleurs. Une aventure qui épouse celle de l’automobile et du tourisme dans la région. L’usage veut que l’on utilise le mot garage pour désigner le lieu où l’on se rend pour faire réparer sa voiture. Il serait cependant plus exact de dire que les Lepage sont, pendant des années, les propriétaires d’une station-service, puisqu’on y distribue de l’essence tout en assurant l’entretien des véhicules. Aujourd’hui, le silence remplace les rires, cris, coups de marteau, bruits de moteurs ou de visseuse d’écrous à air comprimé; l’évocation de ces années ne demande pas mieux que de nous les rappeler.

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La Stèle des Canadiens à Rots érigée en 1994, date : 16 juin 2016, photo : B. Boucher
La Stèle des Canadiens à Rots érigée en 1994, date : 16 juin 2016, photo : B. Boucher

Au champ d’honneur – épilogue

Publié le 19 mars 2017.

La population de Rots, qui a subi l’occupation nazie pendant la Seconde Guerre mondiale, demeure extrêmement reconnaissante envers les soldats qui l’ont libérée, le 11 juin 1944. Lors de la commémoration du 50e anniversaire de cet événement, en 1994, une stèle est érigée en hommage aux différentes unités de l’armée canadienne engagée dans la bataille. Sur une plaque apparaissent les noms des sept soldats du Régiment de la Chaudière tombés sous les coups ennemis, dont celui de Paul Ouellette. Depuis longtemps, les Rotiers cherchent à se renseigner sur ce soldat dont ils ne retrouvent pas la sépulture dans les cimetières militaires de Normandie. La publication de l’article à caractère biographique résumant son parcours sur le site ANNIVERSAIRE DE MANCHE D’ÉPÉE, le 9 janvier dernier, l’a fait connaître.

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Cabane à sucre de Paul-Émile Fournier et de Marcel Boucher dans la coulée du Noroît, date : vers 1980, coll. : Marguerite Boucher
Cabane à sucre de Paul-Émile Fournier et de Marcel Boucher dans la coulée du Noroît, date : vers 1980, coll. : Marguerite Boucher

Un sanctuaire dédié à l’érable à sucre

Publié le 6 avril 2017.

La fabrication du sirop d’érable en Gaspésie précède l’arrivée de nos ancêtres européens. Les Amérindiens de la nation mi’gmaque, qui parcourent la péninsule depuis des siècles ont trouvé le secret de l’arbre magique : tu fais une entaille et tu récoltes un trésor! Les fondateurs de Manche-d’Épée et leurs descendants exploitent les richesses de la vallée qui entoure la rivière. Dans les sucreries, ils bâtissent des cabanes, bouillent des journées et des nuits entières, dégustent du sirop sur la neige et moulent des pains de sucre. Un érable pouvant vivre jusqu’à 250 ans, il s’en trouve sans doute certains spécimens qui ont été entaillés par plusieurs générations depuis 1866. Nos érables ont pris leur retraite, il y a une trentaine d’années. Les érablières étant magiques, leur territoire est devenu un sanctuaire qui leur assure la paix et fait notre fierté.

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Les fusils du jour de l’An

Publié le 18 mai 2017.

Il fut un temps où les gens du village célébraient l’arrivée du Nouvel An selon un rituel dont le fondement est partagé par de nombreux peuples. D’après une croyance répandue, le bruit constituerait le meilleur antidote contre les mauvais esprits. Dans les civilisations anciennes, le renouvellement du cycle annuel s’accompagne d’une symbolique de la purification et de célébrations pour éloigner les démons. En Nouvelle-France, nos ancêtres importent d’Europe la tradition de la canonnade qui efface les traces de la vieille année et prépare la venue d’un temps meilleur rempli de santé, de richesse et de bonheur éternel. Comme ce n’est pas donné à tout le monde d’avoir un canon à portée de main, on peut penser que le tir au fusil s’impose comme un substitut acceptable. Cette tradition qui a survécu dans les campagnes québécoises aurait persisté plus longtemps à Manche-d’Épée que n’importe où ailleurs.

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Des élèves bien sages pour la photo devant la première école, date : 1912, source : Notes historiques sur la paroisse de madeleine, 1980
Des élèves bien sages pour la photo devant la première école, date : 1912, source : Notes historiques sur la paroisse de madeleine, 1980

Des enfants d’école

Publié le 21 juin 2017.

Dans la Gaspésie du 19e siècle, difficile de devenir un enfant d’école. À preuve, il s’écoule une vingtaine d’années entre l’arrivée des fondateurs et l’ouverture d’une première classe à Manche-d’Épée. Aux prises avec la pauvreté, les familles ne sont pas enclines à dépenser le moindre argent pour l’éducation. La promotion des savoirs se bute à la résistance des parents qui ont besoin du travail de la maisonnée pour réunir de quoi vivre. Dans ce contexte, il n’y a que les savoir-faire qui sont valorisés. Malgré tout, l’idée qu’un village se développe péniblement sans aucune instruction fait son chemin : en 1883, Eugène Boucher vend la maison qu’il vient de bâtir pour qu’elle devienne la première école. L’alphabet, le calcul et le catéchisme y sont enseignés par des institutrices qui ont peu souvent l’occasion de parfaire leur formation. En 1928, on inaugure un nouvel établissement où les élèves et les maîtresses d’école se succéderont jusqu’à sa fermeture en 1968. Ce qui vient après cette date appartient à la Révolution tranquille et aux réformes découlant de la création du ministère de l’Éducation.

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Michel Boucher (1877-1968), celui que l’on considère comme le premier commerçant du village, date non précisée, coll. : Blandine Mercier et Ernest Boucher.
Michel Boucher (1877-1968), celui que l’on considère comme le premier commerçant du village, date non précisée, coll. : Blandine Mercier et Ernest Boucher.

Une commission au magasin

Publié le 24 septembre 2017 - Dernière modification le 24 septembre 2017.

« Faire des commissions » : l’expression résume l’utilité des magasins qui accrochent leur enseigne à Manche-d’Épée durant plus d’un siècle, mais ne représente qu’une partie des rapports que la population entretient avec eux. On s’y rend à l’improviste pour se procurer l’ingrédient qui manque à la recette en cours de préparation. Les enfants y courent à la demande des parents. Un autre jour, on y retourne pour renflouer le garde-manger. La plupart de ces commissions consistent en des achats effectués pour combler les besoins de la table. Pour autant qu’il est possible de savoir, pas moins de six commerces de petite taille se succèdent ou cohabitent au village à compter des années 1890. La marchandise offerte concerne essentiellement l’épicerie, ce qui n’empêche pas de tenir quelques articles de pharmacie, de quincaillerie ou même des carburants, mais cela reste accessoire. Les magasins des deux autres villages de la municipalité proposent certains produits complémentaires. Tout en faisant ses commissions, la clientèle jase devant le comptoir, tire avantage d’une rencontre inattendue, tente une prédiction sur la météo ou s’épanche sur l’état de santé d’un tel ou d’une telle avant de s’en retourner son achat sous le bras. Le magasin (plus féminin), comme le garage (plus masculin) ou la poste, est un endroit par excellence où se concrétisent les relations de voisinage.

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Le Théâtre Blanchette, date : entre 1954 et 1962, coll. : Françoise Bond
Le Théâtre Blanchette, date : entre 1954 et 1962, coll. : Françoise Bond

Le Théâtre

Publié le 6 novembre 2017.

Un théâtre, comme il s’en construit plusieurs dans le Québec de l’après-guerre, s’implante à Manche-d’Épée au début des années 1950. Ces lieux qui portent le nom de théâtre exercent en réalité la double fonction de cinéma et de salle de spectacle. Leur programmation est composée de films d’origines diverses et de prestations de vedettes du burlesque, de la chanson et des variétés. Ici, on l’appelle le Théâtre Blanchette. Sur la côte nord de la péninsule, il existe déjà des théâtres dans les localités plus populeuses que sont Sainte-Anne-des-Monts, Mont-Louis et Rivière-au-Renard. L’entreprise locale recrute sa clientèle principalement dans les quatre villages qui vont de Gros-Morne à Rivière-Madeleine. Ses affaires se portent plutôt bien pendant une dizaine d’années. L’aventure inédite d’un théâtre situé dans un village où la population dépasse de peu la capacité de la salle se termine, comme chez plusieurs, avec l’avènement du petit écran.

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