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Anse de Manche-d'Épée, août 2009, photo: B.Boucher
Anse de Manche-d'Épée, août 2009, photo: B.Boucher

La légende du manche

Publié le 3 mai 2016 - Dernière modification le 1 février 2018.

La légende qui donne son nom au village de Manche-d’Épée est l’une des plus évocatrices de la Gaspésie. La découverte d’une épée brisée sur le rivage, par le premier de ses pionniers, Irénée Pelchat, est le fait rapporté par les anciens qui explique l’origine du toponyme. Son récit nous parvient après avoir été porté par la tradition orale, puis consigné dans des textes qui lui assurent de traverser le temps. Tirée de l’événement, la dénomination du lieudit marque rapidement l’identité du poste de pêche et de ses habitants, elle entre dans l’histoire et la géographie en même temps qu’elle détermine ses coordonnées terrestres. Par son caractère inattendu, le nom propre du lieu suscite de la curiosité aussi bien chez les voyageurs que chez les artistes.

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Église de Les Biards en Normandie, village d’où est parti le grand-père de René dit Irénée Pelchat au milieu du 18e siècle, photo : B. Boucher, date : 17 août 2016
Église de Les Biards en Normandie, village d’où est parti le grand-père de René dit Irénée Pelchat au milieu du 18e siècle, photo : B. Boucher, date : 17 août 2016

Les fondateurs

Publié le 3 mai 2016 - Dernière modification le 14 mai 2018.

L’établissement des premiers habitants à l’endroit qui deviendra Manche-d’Épée est signalé une première fois dans une correspondance en 1866; l’aménagement des terrains et la construction des maisons ont de toute évidence commencé l’année précédente. Le titre de fondateur revient à Irénée Pelchat. L’homme qui a été postillon sur la côte fait le choix de cette anse sauvage; on l’imagine aisément mûrir sa décision lors de ses nombreux passages au fil des années. Deux noms lui sont associés dans la création du village, considéré à ses débuts comme un poste de pêche, soit ceux de Joseph Fournier et de Johnny Campion. Leurs familles puis d’autres s’installant sur des terres publiques, elles reçoivent un jour la visite d’un agent de l’État qui régularise leur situation. Les lots délimités en 1872, cédés, subdivisés et partagés depuis, constituent le fondement de l’actuelle occupation du sol.

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Abbé David Roussel (1835-1898) premier missionnaire résident de Mont-Louis à desservir Manche-d’Épée de 1867 à 1870, il s’est dévoué pour la cause des naufragés du Woodstock et du Swordfish, date non précisée, source : UQAC
Abbé David Roussel (1835-1898) premier missionnaire résident de Mont-Louis à desservir Manche-d’Épée de 1867 à 1870, il s’est dévoué pour la cause des naufragés du Woodstock et du Swordfish, date non précisée, source : UQAC

La pointe du Wrack (Raque)

Publié le 18 mai 2016 - Dernière modification le 4 décembre 2017.

Le poste de pêche de Manche d’Épée commence son existence lorsqu’un bateau s’échoue sur les plains, à portée de la vue de ses habitants. Selon un témoin de l’époque, c’est le 10 décembre 1867 que le Woodstock se brise sur une pointe rocheuse située à environ un kilomètre à l’ouest de la rivière. On imagine le choc que cette catastrophe provoque dans le hameau. Par un hiver particulièrement rude, il s’agit du second échouement à survenir en moins d’une douzaine de jours sur la rive nord de la péninsule gaspésienne : le 30 novembre, un premier voilier appelé Swordfish s’est écrasé sous les caps à proximité de Grand-Masle — le nom de Gros-Morne dans ce temps-là. Le matelot André Castagne, victime de graves engelures, nous a laissé un récit précis et saisissant de la tragédie intitulé Histoire d’un vieux marin. Le sort des rescapés de l’un et l’autre navire s’en trouve intimement lié. Toutefois, le drame du Woodstock révèle des zones d’ambiguïtés qui n’ont pas été élucidées.

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Maison des Béland, juin 2016, photo: Blandine Mercier
Maison des Béland, juin 2016, photo: Blandine Mercier

La maison des Béland

Publié le 22 juin 2016 - Dernière modification le 24 juin 2016.

Une petite maison, typique des constructions des débuts, incarne à elle seule les origines du village. Que cela concerne la famille de son bâtisseur ou encore la provenance du bois de ses fondations, elle constitue le dernier témoin de l’installation des pionniers sur ce territoire. De même, l’énumération des familles qui lui sont associées s’apparente à un résumé des patronymes locaux. La maison des Béland demeure le seul patrimoine bâti qui résiste au passage du temps.

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Robert et Moïse Boucher, Ghislain Blanchette, Roméo Boucher, la neigère en arrière-plan, août 1955, photo: Ghislaine Blanchette, coll.: Jocelyn Boucher
Robert et Moïse Boucher, Ghislain Blanchette, Roméo Boucher, la neigère en arrière-plan, août 1955, photo: Ghislaine Blanchette, coll.: Jocelyn Boucher

La neigère

Publié le 7 juillet 2016 - Dernière modification le 12 juillet 2016.

Pendant cinquante années ou presque, la modeste silhouette de la neigère occupe un coin de paysage à la sortie ouest du village, au nord de la route. Elle existe pour aider les pêcheurs à rentabiliser leur travail. À compter de 1938 jusqu’au début des années 1960, elle est le lieu d’une activité saisonnière continue. Puis, elle commence à dépérir en même temps que la pêche ralentit et que, finalement, la morue s’en va. Si le gouvernement n’avait pas commandé sa démolition, peut-être ferait-elle partie, en face de la maison des Béland, des rares témoins du patrimoine bâti qui subsiste à Manche-d’Épée?

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Le monument commémoratif du 150e anniversaire, juillet 2016, Photo: Blandine Mercier
Le monument commémoratif du 150e anniversaire, juillet 2016, Photo: Blandine Mercier

Jour d’anniversaire

Publié le 12 juillet 2016.

Quelque peu écrit à la manière d’une chronique journalistique, le ton de cet article rompt avec celui des précédents : il rapporte un événement d’actualité, la fête marquant l’anniversaire du village. Pour cette raison, il se trouve au cœur même de la raison d’être de ce site.

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Hôtel Gaspé-Nord, 1930, coll.: Denis Pelchat
Hôtel Gaspé-Nord, 1930, coll.: Denis Pelchat

L’hôtel Gaspé-Nord

Publié le 29 juillet 2016 - Dernière modification le 8 septembre 2016.

L’édifice a belle allure, implanté au centre du village, du côté de la mer. Ses trois corps de bâtiments accolés d’ouest en est, du plus grand au plus petit, en imposent par leurs dimensions, comparativement aux maisons des alentours. Les deux premiers sont dotés de vastes galeries au rez-de-chaussée et à l’étage. Les couleurs flamboyantes de l’ensemble attirent le regard des passants. L’hôtel Gaspé-Nord anime la vie de Manche-d’Épée dans la première moitié du 20e siècle.

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Les parements de bois rond, vers 1930, fonds docteur Cotnoir, coll.: Huguette Boucher et Jean-Guy Gagnon
Les parements de bois rond, vers 1930, fonds docteur Cotnoir, coll.: Huguette Boucher et Jean-Guy Gagnon

La route sur les plains

Publié le 8 septembre 2016 - Dernière modification le 14 septembre 2016.

Les éboulis et les avalanches qui déboulent sur le trajet qui va de Manche d’Épée à Gros-Morne inquiètent la population depuis le début. Au temps des pionniers, les marcheurs qui passent par le sentier des grèves s’exposent aux dangers des falaises et de la mer. Plus tard, le chemin du Roi, sillonnant la montagne, aussi appelé le « portage », n’est pas véritablement plus facile à franchir. Avec l’ouverture du « boulevard Perron », en 1929, la route se retrouve en partie située au pied de l’escarpement avant de prendre par le chemin des Côtes-de-Manche-d’Épée. Arrivée sur le sommet, cette voie constitue tout au plus un élargissement du chemin précédent dont elle emprunte le tracé. Elle a été remplacée, en 1957, par la route sur les plains, coincée sur la grève entre la mer et la falaise. Pendant les saisons rigoureuses, elle présente des risques. Si bien que le voyageur se fait demander : « Pis, comment sont les routes? Vous avez pas eu trop d’misère? »

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Construction d'un camp, date: 194-?, coll.: Thérèse Bond
Construction d'un camp, date: 194-?, coll.: Thérèse Bond

Le syndicat forestier

Publié le 12 octobre 2016 - Dernière modification le 12 octobre 2016.

Le syndicat forestier est fondé en 1947. Il trouve son origine dans un mouvement de réappropriation de la forêt commencé une dizaine d’années plus tôt à Grande-Vallée, à l’initiative d’Esdras Minville. En 1943, un syndicat est d’abord créé à Madeleine pour l’ensemble de la municipalité; sa mise sur pied est activement soutenue par le curé Vaillancourt, qui accompagne ensuite l’émergence de celui de Manche-d’Épée. Plus tard, en 1952, Rivière-Madeleine se donnera le sien à son tour. Sur la lancée de son chantier inaugural au Premier lac, le syndicat local organise pendant 23 ans des « bûchés » aux noms imagés dans des coulées et autour des lacs de l’arrière-pays. Puis, dans les années 1960, les activités ralentissent au point où l’on se voit contraint à la fermeture, en 1970.

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Jean-Baptiste Pelchat et Régina Davis, 5e et 6e maitres de poste, photo: date inconnue, coll.: Lina Boucher
Jean-Baptiste Pelchat et Régina Davis, 5e et 6e maitres de poste, photo: date inconnue, coll.: Lina Boucher

Le bureau de poste

Publié le 9 novembre 2016 - Dernière modification le 20 novembre 2016.

Un village fondé par un ancien courrier se trouve-t-il favorisé par le service postal? Ce serait amusant de le croire, mais à l’évidence, la réalité gaspésienne prédomine en ce domaine comme en toute chose. L’accès à une livraison quotidienne, peu importe la saison, ne se confirme que tardivement. Et la fermeture du bureau dans sa 107e année d’existence correspond à peu de choses près au rythme observé aux alentours. Cependant, Irénée Pelchat, le postillon fondateur, aurait sans doute aimé qu’on lui apprenne que ses descendants ont exercé le rôle de maître de poste plus longtemps que quiconque au village.

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